C'est ouf à quel point mon cerveau est devenu incapable de gérer la moindre interaction avec mon patron.
J'ai du aller le voir parce que j'avais un soucis sur un dossier, tout à l'heure, c'était horrible. J'avais les mains tremblantes, les jambes flageolantes, le cœur battant, je transpirais, j'avais cru que j'allais vomir.
Ca s'est pas trop mal passé, mais c'était froid quand même. A un moment, il a cité le nom d'une personne, je le connaissais pas, il m'a pris de haut "Non, mais comment tu peux ne pas le connaître, tout le monde le connait, enfin, vraiment..."
Hum, je sais pas ?
Parce que je bosse non-stop, et que j'ai pas le temps de prendre le temps de lire les brochures et sites des structures partenaires pour m'imprégner des noms de le monde ?
Parce que la fameuse personne-que-tout-le-monde-connait est dans un réseau artistique en vas-clos très étatique, subventionné, élitiste, et que moi, concrètement, je bosse dans une structure d'éducation populaire ? C'est des réseaux très opposés, quand même. C'est comme reprocher à un boulanger de ne pas d'y connaître en jardinage.
Ironie, le soucis du dossier n'est pas du tout à une faute de mon travail, mais à un soucis d'organisation en amont, de sa part, et de la structure partenaire. En gros, tout le monde prend des décisions sans me le dire, je suis au courant de rien, et j'ai l'air d'une idiote. Great.
Le soucis donc : je me suis pris la tête par téléphone avec une directrice de structure culturelle qui est INFECTE. On organise une résidence, notre musicienne fait une intervention pour eux. Au lieu de nous payer, elle veut payer la musicienne directement (en sachant qu'on la rémunère déjà de notre coté). Je sais pas, c'est un peu comme si, en librairie, au moment de payer le librairie, elle lui disait "Non, mais je vais envoyer directement le chèque à l'auteur, vous, vous faites pas grand chose, finalement". Elle me l'a dit cash : "vous avez pas grand chose à faire"



Bref, j'ai expliqué qu'il était important nous payer directement, sans quoi, on ne peut pas faire de résidence, puisqu'on ne touche rien, elle est montée sur ses grands cheveux ("Je pense que vous exagérez beaucoup")
Je hais les gens du secteur culturel. Je peux plus les encadrer. Faut vraiment que je change de domaine. Il y a une forme de mépris, et d'élitisme qui me rend malade.