Perso je trouve que la cancel culture n'est que petite partie dans la toxicité des rapports qu'il peut y avoir sur internet (y'a tellement de pratiques qui vont pasJ'ai du mal à partir du principe que la cancel culture ne concerne qu'un seul type de milieu, je trouve que c'est éviter de remettre en question certaines façons de faire sur internet.

Mais je suis d'accord avec l'effet de masse qui déborde les milieux militants (en incluant des gens spontanément)... mais seulement quand la "cancellation" ne touche pas des militants eux-mêmes (ton exemple sur Polanski).
J'ai tendance à penser que les personnes peu au fait du militantisme intersectionnel ne vont pas participer au harcèlement envers Contrapoints par exemple, ne serait-ce que par le vocabulaireet les concepts employé dans l'histoire... : je pense pas que tout le monde comprenne par exemple les termes enby, NBphobie / enbyphobie, etc, en français comme en anglais, ni le concept de cercle de prénoms. Du coup ben on harcèle généralement pas des gens quand on comprend rien ni à ce que dit la personne harcelée, ni à ce que disent les harceleurs je pense
(par contre s'y greffe des transphobes "lambdas" et autres trolls de droite bien trop heureux de pouvoir participer au harcèlement, sauf qu'à la base leurs raisons sont tout autre que celles qui l'ont lancé).Ça peut effectivement déborder à des gens pas militants quand tout ce qui a été dit a tellement été déformé et manipulé qu'on en arrive à "Machin est problématique, il faut donc lui envoyé quinze mille messages pour lui dire et qu'elle n'aie plus de présence en ligne" - voir IRL). Mais le fait que ça "déborde" pour moi n'enlève rien au fait que la cancel culture reste associée au militantisme car c'est de là que part le harcèlement

Il existe des mécaniques de harcèlement envers des militant.e.s intersectionnel.le.s venant de personnes pas de ce milieu (c'est très très (très) courant) mais je trouve pas qu'ils utilisent exactements tous les mêmes procédés ni les mêmes justifications, et ça ne prend pas forcément la même forme

Et je trouve que ça a pas le même impact psychologique
c'est pas pareil, en tant que féministe, de se prendre sur la gueule un raid (harcèlement de masse ciblé dans le temps) du 18-25 (forum JVC.com) ou de l'alt-right (extrème-droite américaine, qui est comme en France très présente en ligne), et se prendre la même chose venant de ton milieu, de la part de personnes qui militent globalement pour les mêmes choses que toi et quand toi-même, comme eux, tu es concernée par le fait d'être discriminé.e. Mymy en parle d'ailleurs dans l'article il me semble 
Mais là on parle carrément d'harceler plus les personnes qui nous ressemblent que les autres, tout en remettant dans le contexte : le milieu militant. Et comment "bien" militer quand on passe plus son temps à tirer à vue sur d'autres militants qu'autre chose ?Je veux dire que ça n'a rien d'étonnant d'avoir plus d'attentes/d'exigences envers des personnes qui nous ressemblent qu'envers des personnes relativement opposées.
Ça me semble normal d'avoir plus d'attentes / d'exigences, mais là les exigences de "pureté" militante elles sont instrumentalisées.
Mais du coup c'est peut-être pour ça que tu ne vois pas en quoi la cancel culture a des spécificités?C'est peut-être là que l'on touche davantage aux spécificités militantes et c'est là que du coup, je ne comprends plus grand chose. J'espère que ça ne sera pas mal pris mais je vais mettre en gras les parties que je ne comprends pas. Contrapoints n'est pas une chaine Youtube que je connais (je l'ai vu la 1ère fois dans l'article sur la cancel culture) d'où monsur l'exemple donné et sur toute la fin du message.

Si tu connais peu les spécificités de ce type de militantisme (qui a un voc et des concepts particuliers pas spécialement connus en dehors de ce milieu) et que tu ne connais pas d'exemples de cancel culture "intra-militante", je pense que c'est difficile de voir en quoi la cancel culture "existe" comme culture du harcèlement / boycott spécifique au sein de certains milieux.
Perso j'ai l'impression que ce voc et ces concepts - pas toujours bien compris d'ailleurs même au sein de ce militantisme, - nourrissent la cancel culture quand ils sont utilisés à des fins de harcèlement ce qui pour moi appuie la spécificité du truc. Le fait que ça soit des termes et des concepts peu connus en dehors du milieu militant participe d'après moi justement au fait que la cancel culture se déploie peut-être plus aisément entre militants

Je reprenais l'exemple de Contrapoints car sa vidéo et son exemple était dans l'article de Madz (sa vidéo "Canceling" reprend "l'affaire") et qu'il illustre pas mal la cancel culture "intra-militante". Mais l'exemple Rose McGowan / Nathalie Portman pourrait aussi s'appliquer dans une certaine mesure... (notamment sur la question de la "pureté militante").
Pour expliquer quelques termes : le tone-policing ("police du ton") c'est quand quelqu'un fait une injonction à "rester calme" et "être poli.e" dans un débat, souvent de manière condescendante, pour évacuer tous les arguments (avec souvent le sous-entendu "hystérique" quand un homme fait du tone-policing envers une femme). C'est un peu le "Jean-Michel sexiste t'explique comment toi et les féministes doivent militer car elles militent mal, elles sont trop agressives hein, lui il sait mieux" (j'explique très mal mais l'article que j'ai linké me semble plus clair
).La silenciation c'est le fait de dire à quelqu'un de se taire / de la faire taire ("silencier" une personne), sans que ça soit dit explicitement (et du coup c'est assez paradoxal de voir le concept de silenciation utilisé pour "canceller" une personne, vu que la "cancellation" (littéralement : supression) c'est une forme très poussée de silenciation...)
Ces deux concepts (tone-policing et silenciation) sont à mon avis importants dans le milieu militant car ils décrivent des procédés rhétoriques utilisés par des sexistes / racistes / homophobes / etc pour évacuer les débats (en faisant taire les personnes opprimées), c'est donc normal de médiatiser et dénoncer ces procédés rhétoriques (je sais pas si c'est comme ça qu'ils peuvent être qualifiés?
)Mais malheureusement dans le cadre de la cancel culture je les ai vu utilisés de manière à pouvoir insulter et harceler tranquillou bilou.
Dernière édition :
sur l'exemple donné et sur toute la fin du message.

dans les médias j'ai vu personne la porter aux nues pour sa robe, ça a été noté, y'a eu plein d'articles dessus mais elle a pas été sacrée féministe de l'année non plus, et j'ai pas l'impression qu'elle a prétendu l'être.