Bon euh... Je dois avouer que j'ai pas le courage de lire 652 pages :$ Mais si j'ai bien compris, on parle ici de sexisme, et de choses qui nous ont mis.e mal à l'aise/énervé.e. Bon, je l'ai gardé pas mal en tête, j'en ai parlé avec une amie, mais j'ai besoin de parler de l' """"artiste""""
Jul.
Mais pour ça, il faut que je remette déjà dans un contexte, comment j'ai pu découvrir ce merveilleux poète.
J'étais dans Bordeaux, un soir, en sortant du boulot. Mon arrêt de bus se trouve dans un coin que beaucoup m'ont dit être un endroit "pas bien pour une jeune fille respectable". Détestant ce genre d'expressions, et considérant que je ne veux pas non plus vivre dans un trou, j'ai décidé que ben mince, j'ai le droit de prendre mon bus. Même si je dois l'attendre 15 minutes, parce que me taper 25 minutes de marche pour prendre mon bus plus loin, dans le côté plus "convenable", merde. La rue m'appartient un peu aussi -malgré les remarques de certains hommes dans cette rue quand tu y traine tranquille le soir.
Sauf que ce soir là, j'ai vraiment flippé. Déjà, je m'étais faite insultée pour avoir refusé de boire un verre avec un gars (il est 20h30, tu débauche tout juste, tu veux rentrer, il te reste une heure de bus, mais en plus il faudrait accepter de boire des verres avec des parfaits inconnus sous peine de te faire insulter ?)
Mais après ça, une voiture se gare devant moi. Oui, sur un stationnement de bus mais bon, jusque là hein, si le gars veut se taper une amende, c'est son problème. J'écoute pas particulièrement autour de moi, dans ma bulle suite à la première agression.
Mais le son de la musique, dans la voiture, augmente. Aux premières notes, je me dis "du mauvais rap, c'est tout". Rien de très grave, chacun ses goûts, même les mauvais.
Puis viens le refrain : "
te déshabille pas, j'vais t'violer"
Je n'en crois pas mes oreilles mais non non, le gars laisse bien le son à fond, met et remet la chanson. Finalement, j'ai bien été soulagée quand le bus est arrivé.
Une heure plus tard, je suis chez moi. Je fais donc des recherches et voici donc un petit florilège des paroles de cet "artiste" (dont l'album est
disque de platine, je tiens à le préciser)
Première chanson de son disque de platine :
"J'connais pas les femme mais je sais ce qu'elle veulent,
C'est quand t'a rien que tu sais ce qu'elles valent"
"Tu fais le coinceur tu connais mal les filles.
Elles sont très très maléfiques"
La deuxième :
"Trop d'miss qui piste autour d'la piste
Fille bien ou (bitch ?)"
"[...]Les filles qui aimaient les friqués"
La troisième (Tu la love)
Je ne met qu'un passage, toute la chanson mériterai d'y être mais... Ce paragraphe illustre bien en résumé ce qu'il pense des femmes :
"Non mais faut pas déconner, elles veulent toutes de la money
Ptit bourge à faire pigeonner qui va finir par chômer
Les filles comme ça je les connais, faut se les trimballer la journée
Tu paies 400€ l’hôtel et tu peux même pas la fourrer"
4ème chanson :
"Te déshabille pas, j'vais t'violer" (
Je pense que je vais m'arrêter là, mais vous avez bien compris le niveau des paroles...
Au départ, je voulais écrire tout ça dans un moment calme. Puis avec ce qui s'est passé aujourd'hui, j'en pouvais plus, j'avais envie d'extérioriser des choses avant de devenir folle. Mais au final, je n'ai pas la force de prendre chacune des paroles, les remettre ici.
Je ne sais pas s'il est connu -en dehors de ceux qui l'ont élevé en tant qu'artiste méritant- mais s'il ne l'était pas pour vous, c'est toujours un "plaisir" de pouvoir faire entendre ça.
Si ça peut rassurer, je prend toujours le bus au même endroit. Quand je finis tôt, parfois je marche pour le plaisir de faire fonctionner mes gambettes. Mais je ne me prive pas quand je veux prendre le bus pour le prendre.
Je déplore juste de rencontrer des personnages grossiers (pour être polie), et que cette chanson m’aie marquée au point que je n'ai pas osé vraiment en parler sauf à ma meilleure amie, et que j'évite de trop trop me caler dans ma bulle à ce moment là pour pas décrocher de ce qui m'entoure.
Un autre point, sur lequel je tiens à être claire aussi, et qui fait que je n osai pas en parler : on m'a mise en garde sur cette rue, essentiellement parce qu'il y a des gens issus des minorités ethniques/religieuse... Je rétablis de suite les choses : je me suis
AUTANT faite approchée par des gens qui étaient noirs, arabes... qu'en apparence "français de pur souche" comme diraient certains de mon entourage. Ce n'est donc pas une question de couleur ou de religion. Et ça aussi c'est un putain de cliché qui m'énerve. Mais c'est encore un autre débat
