Tenez, petite histoire vraie. Nous sommes en Pologne, à la fin du 19ème siècle. Bronya Sklodowski et sa petite soeur Maria rêvent d'étudier à l'université de Varsovie. Malheureusement, leurs parents n'ont pas les moyens de les envoyer à la fac, et les Polonaises n'ont pas le droit de faire des études supérieures de toute façon.
Les deux sœurs font alors un pacte et Bronya part étudier la médecine en France tandis que Maria, qui n’a que 17 ans, se met à travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur. Plusieurs années plus tard, Bronya annonce à Maria qu’elle a commencé à travailler comme médecin et gagne assez d’argent pour payer les études de sa jeune sœur. Maria part alors étudier à la Sorbonne. Soudée par ces galères, les deux sœurs resteront proches toute leur vie et si Bronya ne laissera pas son nom dans l’histoire, Maria décrochera non pas un mais deux prix Nobel. Elle est plus connue sous son nom d’épouse, Marie Curie.
Autre histoire vraie. Toujours au 19ème siècle, en Autriche, la jeune Anna veut apprendre le piano. Elle et ses sœurs Rosa, Marie, Adolphine et Pauline adorent la musique et veulent toute en jouer mais leur frère aîné se plaint que le ‘bruit’ l’empêche d’étudier. Les parents se débarrassent alors du piano. L’une des sœurs avait peut-être le potentiel pour devenir la plus grande virtuose de sa génération mais dans la famille de Sigmund Freud, une fille ne pouvait pas avoir le dernier mot.
Ces deux anecdotes me rappellent la façon dont certaines personnes affirment que les génies sont tous des hommes. Pour moi, une femme doit simplement galérer beaucoup plus pour se faire entendre à cause de notre société patriarcale. Il y a certainement eu des tas de Marie Curie dans l’histoire qui n’ont jamais eu la chance d’aller à l’université et de déployer tout leur potentiel.