La PMA pour toutes en 2018, l'annonce qui réveille les passions

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Je répète : les parents ont volontairement imposé un handicap à leur enfant.

Non. Ca ne marche pas comme ça. Ils n'ont pas imposé un handicap à leur enfant, ils ont mis au monde (de façon volontaire) un enfant handicappé. La nuance paraît peut-être subtile, mais elle est importante : il n'existait pas une version "valide" du même enfant, cet enfant sourd n'aurait pas existé autrement (= entendant) si elles avaient choisi un autre donneur. Cet enfant existe, a une personnalité propre, qui est liée à sa surdité, et qui n'en fait pas un enfant qui sera intrinsèquement malheureux ou moins épanoui dans sa vie qu'un autre.
 
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Alors je voudrais préciser quelques trucs : je pars effectivement du principe qu'être sourd c'est moins bien qu'être entendant, ça me semble plutôt évident... Mais en aucun cas ça ne veut dire qu'un enfant entendant vaut mieux qu'un enfant sourd ! Ce n'est tout simplement pas la même chose, ce n'est pas une façon de dire que la personne vaut moins ou est un poids. Mais le fait d'être sourd, oui, clairement, c'est un handicap. Ca vous plairait de ne pas pouvoir entendre la voix des gens que vous aimez, de ne pas pouvoir écouter de musique, de ne pas pouvoir communiquer avec tout le monde ou encore de ne pas pouvoir entendre une voiture ou autre en cas de danger ?
J'ai une question simple pour vous : vous connaissez beaucoup de gens qui voudraient volontairement perdre l'ouïe ? Et inversement, vous voyez pas mal de personnes sourdes qui aimeraient bien entendre, non ? Je sais pas si vous avez vu cette vidéo d'un gamin qui entend pour la première fois grâce à la médecine mais sa réaction était juste la plus belle du monde...

Après je peux comprendre la question de l'identité des personnes sourdes, qui préféreraient qu'on ne stigmatise pas leur handicap et qui choisissent de l'assumer comme une part d'eux-mêmes. Mais personne ne les force à se soigner s'ils n'en ont pas envie, on ne va pas forcer quelqu'un à entendre s'il souhaite rester sourd (perso je reconnais que je trouve ça un peu absurde mais je ne suis pas dans cette situation donc je ne peux pas l'imaginer). Par contre en aucun cas on n'a le droit de faire ce choix (très difficile) à la place d'un enfant ! Pour moi s'il y a une possibilité d'éviter la maladie, ben on l'évite. On dirait que maintenant le simple fait de dire des évidences (comme le fait que la surdité est un handicap) c'est oppressif :hesite: bientôt on va dire aux médecins qui se donnent à fond pour soigner les enfants atteints de surdité qu'ils sont des sales oppresseurs qui nient leur identité et leur droit à être sourd ? :dunno: c'est absurde... Je trouve quand même qu'il y a une grosse différence entre dire que quelque chose est une maladie/un handicap et pourrir les gens qui en sont atteints. Je suis totalement OK pour intégrer les personnes handicapées autant que possible et les respecter, mais en aucun cas vous ne me ferez dire qu'être handicapé et valide c'est pareil et que ça ne pose aucun souci d'être handicapé. A choisir, tout le monde préfèrerait être en pleine possession de ses capacités...

Pour moi imposer un handicap à un enfant en le faisant exprès comme ça, genre en choisissant de le faire naître handicapé, c'est ultra problématique et ça s'apparente à une mutilation. Je dis pas ça pour stigmatiser les personnes sourdes mais faut être honnête 5 min, c'est toujours mieux de pouvoir profiter de ses cinq sens, et là on en priverait volontairement un enfant au nom du droit supérieur des parents ? :hesite: et le droit de l'enfant il est où ? Il est où son intérêt à lui/elle dans tout ça ? Vous pensez vraiment, sincèrement, qu'il ne vaut pas mieux être entendant ? Je parle même pas d'un point de vue social (genre le jugement des autres) mais juste pour l'enfant, pour sa vie quotidienne, pour tous les trucs qu'il pourra faire ou justement ne pas faire s'il est sourd. Pour moi un handicap reste un handicap quelle que soit la société dans laquelle on vit, là c'est pas un problème de société mais un problème physique avant tout. Après je dis pas qu'on ne peut pas vivre avec mais ce sera toujours par défaut.

D'ailleurs @Lumiciole je peux pas m'empêcher de relever un truc problématique dans ton message : " comme toutes celles qui se sont posées la question des enfants un jour, je me suis demandé.e ce que j'aimerais" puis " Se demander si je préfèrerais que mon enfant soit autiste ou pas" Mais là ce n'est pas de toi qu'il s'agit et ce n'est pas à toi de décider comment devra être ton enfant. On ne devrait pas choisir ces choses-là. Désolée mais on ne fait pas un enfant à la carte...

Pour l'avortement : ben c'est simple, être une fille n'est pas une maladie et ne pose aucun problème physique. S'il y a un souci c'est uniquement à cause de la connerie et du sexisme des gens, or ça peut changer. Etre sourd/handicapé, quelle que soit la société, ça reste une maladie invalidante. Par contre je ne dis pas qu'une vie d'handicapé ne vaut pas la peine d'être vécue, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je dis juste que c'est à la femme qui va porter l'enfant d'en décider, d'autant plus qu'il y a d'importants enjeux financiers ou autres, et qu'on a le droit d'avoir le choix. Ce n'est pas simple du tout d'élever un enfant handicapé, et ça n'a rien à voir avec une simple question de convenance personnelle. Vous comparez ce qui n'est pas comparable.
Et je ne pense pas qu'on devrait interdire aux enfants handicapés de naître ! Simplement qu'on doit avoir le choix de les faire naître ou non, parce que c'est très lourd à porter.
Mais franchement, me sortir que le handicap c'est juste une différence et que ça peut être positif... Ben c'est peut-être vrai pour l'autisme, qui est un cas très particulier, mais pour d'autres je suis pas du tout d'accord. Je vois pas ce que ça peut avoir de positif de pas pouvoir entendre. Désolée. Pour moi ça reste quelque chose que les médecins doivent aider à guérir, et ce ne sont pas les enfants qui ont recouvré l'ouïe qui vous diront le contraire.
Et puis en fait, le souci que je vois c'est que si on considère comme oppressif le fait de dire que quelque chose est un handicap et qu'on devrait essayer de le soigner, ben certes certaines personnes handicapées vont peut-être mieux s'accepter elles-mêmes, mais en aucun cas ça ne rendra service à celles qui rêveraient de pouvoir guérir ce handicap. Comme je l'ai dit, avec cette mentalité ça va devenir politiquement incorrect d'essayer de soigner la surdité. Génial.
Après on aura plus le droit non plus de dire que le cancer est une maladie et qu'on vit mieux sans, et pareil ça sera oppressif d'essayer de soigner ceux qui en sont atteints, parce qu'être malade ne fait pas de nous des personnes moins bien, et nous on a choisi de vivre comme ça... Bon je pousse le raisonnement à l'absurde mais vous voyez le souci.
 
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@Growing Entish Tu n'as pas tort en effet. Je distingue simplement l'avortement thérapeutique des autres formes d'avortement, parce que je considère que c'est un cas très particulier qui a à voir avec l'intérêt de l'enfant et de la famille, de manière définitive et parfois très importante ; par exemple si on a un enfant trisomique il va falloir mettre le paquet niveau ressources financières, temps, énergie et accompagnement... tout ça pour avoir le coeur brisé quand l'enfant mourra précocemment (parce que l'espérance de vie est pas ouf) et pour le voir être exclu socialement, peut-être ne jamais avoir de vie de couple, de travail... J'essaye pas de faire un portrait misérabiliste non plus parce que c'est pas toujours le cas mais faut pas oublier que certains handicaps peuvent apporter beaucoup de souffrance (pour l'enfant comme pour les parents).
Après c'est pas seulement mon opinion l'avortement thérapeutique, c'est un droit. Vous voudriez sérieusement remettre en cause les droits des femmes ? Non parce que je le revendique haut et fort, un enfant c'est si je veux quand je veux, et je considère que je n'aurais pas du tout les moyens et la disponibilité d'élever un enfant lourdement handicapé. Alors, vous voudriez me forcer à rester enceinte peut-être ? C'est ça votre solution ?
Encore une fois je pense qu'on n'a pas à faire d'enfant à la carte dans le sens choisir son sexe, son physique ou je ne sais quoi, mais là on ne parle pas de la même chose en cas de maladie/handicap et ça paraît logique de faire une exception pour ça, parce que tout n'est pas comparable.
 
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@just_in_case : j'ai aucun soucis avec l'avortement. J'ai un soucis avec le fait qu'on décale la limite légale de l'avortement spécifiquement pour avorter un enfant trisomique (donc, quand même, viable, mais différent). Je trouve que ça sous-entend très fortement que cet enfant-là est, d'une certaine façon, moins humain que celleux que tu peux avorter seulement pendant les 3 premiers mois de la grossesse, ou a moins de valeur à naître, parce qu'iel est trisomique. C'est un symptôme du validisme de notre société, oui.

Je trouve aussi qu'à partir du moment où tu décides de faire un gosse (et tu devrais pouvoir en décider, encore : je suis pour l'avortement, je parle de gens qui ont décidé de garder le bébé, qui en sont à plus de trois mois de grossesse, tout ça), tu t'engages pas sur 18 ans (ou, genre, 25, le temps que le gosse finisse ses études) : tu t'engages sur toute une vie. T'arrête pas d'être parent à partir du moment où ton enfant est adulte. Donc oui, si mon enfant est trisomique, j'organiserai ma vie pour pouvoir m'en occuper, même si ça change mon mode de vie ou mes projets. Tout comme si j'avais accouché d'un enfant valide qui était devenu tétraplégique ou qui avait eu un traumatisme cranien à 4 ans, ou 12, ou 26. Mes enfants, ma responsabilité.

Bien sûr c'est compliqué, surtout à cause de la façon dont fonctionne notre société, mais plutôt que de dire aux gens d'avorter les enfants "indésirables", bah, mettez plus de moyens sur les structures d'aides aux personnes handicappées, quoi.

Edit: A la limite, si la limite de l'avortement était décalée pour tout le monde, pas seulement les enfants trisomiques, je n'aurais pas de soucis à ce qu'on avorte à ce terme là tout foetus qu'on ne veut pas porter à terme, peu importe la raison. Ce que je déplore, c'est la différence de traitement, comme je l'ai dit dans mon premier paragraphe.
 
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@Growing Entish Ok je comprends mieux. En fait ce qui te dérange c'est qu'il y ait une sorte de statut spécial de l'avortement pour les personnes atteintes de handicap ?
Alors je sais pas si ça sous-entend que l'enfant est moins humain, moi je le vois plus d'un point de vue pratique que symbolique, dans le sens où pour moi on fait cette exception non pas parce que ces enfants ne valent rien mais parce que c'est beaucoup plus compliqué concrètement de les élèver et que tout le monde n'en a pas la possibilité. Je pense aussi que ça évite de se retrouver avec des enfants handicapés abandonnés à la naissance (ce qui est encore plus moche).
En fait je crois que c'est ça le souci, on voit pas les choses de la même façon. Pour vous ce qui compte c'est le symbole (accepter les handicapés comme les autres, bref ne pas être validiste), pour moi ce qui compte c'est le pratique (être en mesure d'élever correctement les enfants). Et je ne pense pas que les enfants handicapés ne valent rien ou ne sont pas humains, seulement ils sont beaucoup plus difficiles à élever et peuvent être en situation de souffrance, de même que la situation peut être très difficile pour les parents.

Je suis d'accord qu'on s'engage pour la vie quand on fait un enfant sinon. Mais justement, quand on avorte on est bien d'accord qu'on ne parle pas encore d'un enfant, mais bel et bien d'un foetus (sinon on rejoint les arguments anti-avortement). Après j'avoue que le fait d'avorter plus ou moins tard ne me choque pas dans le sens où je considère qu'un foetus, qu'il ait 3 ou 6 mois, qu'il soit valide ou handicapé, n'a de toute façon pas le même statut juridique (et biologique) qu'un enfant pleinement formé. Pour tout dire, en cas d'accouchement difficile par exemple (et dangereux pour la mère) ça me paraît normal de sauver la vie de la mère en priorité, quitte à ce que le bébé meure (qu'il soit valide ou handicapé).
Après une fois que le bébé est né et viable je suis tout à fait d'accord qu'il faut s'occuper de lui, à partir de là on n'a plus trop le choix. Mais les structures d'aides aux handicapés, ok ce serait pas mal mais faut être réalise, ce serait loin de tout résoudre. Et même comme ça on peut ne pas vouloir un enfant handicapé pour plein d'autres raisons, de même qu'on peut ne pas vouloir un enfant valide pour plein de raisons.

Edit : après j'avoue que je n'ai pas trop compris la nuance dans ton autre message. Moi ce qui me choque dans cette histoire c'est que les parents aient choisi un donneur parce qu'il était sourd et qu'ils voulaient un enfant sourd. Encore une fois, je dis pas que c'est impossible de bien vivre la surdité, mais ça reste un handicap (qui va potentiellement le faire souffrir, c'est juste malhonnête de prétendre le contraire) et qui est là parce que les parents l'ont voulu, ce contre l'intérêt de leur enfant. Parce que moi j'ai beau y réfléchir je vois pas du tout comment on pourrait dire qu'il est dans l'intérêt d'un enfant d'être sourd. Et je me demande comment ils pourront un jour se regarder dans un miroir si leur enfant souffre et souhaite guérir de sa surdité.
Par contre j'irais pas non plus pourrir les gens handicapés qui ont un enfant handicapé s'ils n'ont pas pu faire autrement. Mais là... c'est très malsain je trouve. C'est une négation complète de l'intérêt de l'enfant, au profit de l'avis des parents.
 
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@just_in_case : non, ce qui m'importe ce n'est pas le "symbole" : je suis conscient.e que c'est difficile d'élever un.e enfant trisomique, si j'ai un futur enfant trisomique je ne le garderai pas "pour le symbole" mais parce que, justement, je fais un enfant, je ne contrôle pas comment iel sera à la naissance, que j'ai décidé d'avoir un enfant en sachant (on le sait tous.tes, même si on n'y réfléchit pas forcément) qu'iel sera peut-être handicappé.e et que je l'accepte comme iel est, tout simplement. Tout comme je sais qu'il y a des chances qu'iel soit trans, qu'iel soit gay, qu'iel soit autiste, qu'iel ait un accident plus tard dans sa vie (ou à la naissance) qui lea rendra handicappé.e... C'est mon enfant, j'ai décidé de le faire (dans mon cas, avoir un enfant est une envie forte, je n'aurais aucune raison d'avorter à part si le foetus n'était pas viable ou me mettait en danger physique), je l'accepte tel qu'iel est.

Je trouve ça assez dégueulasse que la réponse de la société à "les gens trisomiques existent" soit non pas "mettons des aides à disposition des personnes trisomiques et de leur famille" mais "faisons-les avorter". C'est là qu'on tombe dans l'eugénisme : au lieu d'accompagner ces personnes dans leur vie, on dit "elles n'avaient qu'à pas exister". Je ne sais pas si tu perçois la violence de la chose? C'est un serpent qui se mord la queue : on n'a pas de moyens pour aider les familles ou les personnes trisomiques elles-mêmes -> du coup la solution la plus simple est de les avorter -> du coup pas besoin de mettre plus de moyens pour aider les familles et les personnes trisomiques. Il y a deux "problèmes" qui peuvent se poser à avoir un enfant trisomique : avoir un enfant qui sera coûteux en terme de temps et d'argent (plus qu'avec un enfant neurotypique), ce qui est "facilement" réglable si le gouvernement met des sous là-dedans (ce n'est plus si difficile d'élever un enfant trisomique si tu as un dédomagement mensuel suffisamment élevé pour t'en occuper à la maison, si il existent suffisamment de structures adaptées (et gratuites) pour éduquer ces enfants/les amener à être indépendants ou même si il est possible de faire appel à des aides à domicile gratuires pour soulager les parents), et avoir un enfant qui sera "différent" et n'aura pas le même parcours de vie qu'une personne neurotypique (et là, on tombe à fond dans le validisme, et c'est une déconstruction à faire pour chacun.e).

Pour ce qui est de la question à propos de l'enfant sourd, je te répète ce que j'ai dit plus haut : les parents en question n'ont pas "imposé un handicap" à un enfant qui aurait été valide sinon, elles ont mis au monde un enfant, qui s'avère être sourd, c'est tout. Elles ont, en plus, mis au monde un enfant qui aurait, en commun avec elles, un trait qui leur permettra de mieux s'en occuper : étant sourdes elles-mêmes, elles auront moins de mal à s'occuper d'un enfant sourd et à lui apprendre à faire attention dans la rue, par exemple, que si elles avaient été obligées de s'adapter à une autre façon de faire, qui ne leur est pas naturelle, juste pour l'apprendre à leur enfant. En fait... comme un couple entendant aurait galéré plus avec un enfant sourd qu'avec un enfant entendant. Je ne sais pas si c'est exactement ça qui leur est passé par la tête, et je ne suis pas sourd.e, mais ça me paraît logique comme raisonnement.

Aussi, elles n'ont pas "choisi" de faire un enfant sourd : elles n'ont pas fait, à ma connaissance, d'analyse génétique sur les embryons implantés (si elles sont passées par une FIV d'ailleurs), elles ont juste demandé le sperme d'un adulte sourd : si j'ai bien compris, elles sont toutes les deux sourdes, donc si elles avaient pu faire un enfant entre elles, l'enfant aurait de toutes façons eu autant de chances d'être sourd.
 
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@Growing Entish En fait pour moi ce n'est pas une question de ne pas accepter un enfant tel qu'iel est (ce qui sous-entend une espèce de haine ou de ressentiment qui n'a pas lieu d'être) mais plutôt de côté pratique. Le fait qu'il soit gay/trans ou autre, ça ne me pose aucun problème, ça n'a rien d'insurmontable ou de problématique tout court en fait. Le fait qu'il soit handicapé... ben si, forcément, il y aura beaucoup d'efforts à faire et des aménagements à prévoir en termes d'argent, de garde... et aussi sur le plan émotionnel. Ca dépend des handicaps, c'est sûr, mais moi je ne veux pas avoir un enfant trisomique en partie parce que ça me rendrait super triste de le voir galérer comme ça et parce que je pense qu'il n'aurait pas une vie très heureuse. Et quelque part... C'est une raison parfaitement valable pour ne pas avoir un enfant, non ? En tout cas je vois plein de personnes childfree ou ayant décidé d'avorter qui ont exactement ce genre de raisonnement, mais personne ne leur reproche (du style : je n'ai pas les moyens d'élever un enfant, je n'aurais pas la patience, il serait malheureux avec moi, le monde est surpeuplé et ce ne sont pas de bonnes conditions de vie...). Pour moi c'est évident que le handicap (lourd) complique grandement la vie de tout le monde, et c'est une raison suffisante pour que je ne veuille pas vivre ça ni le faire vivre à mon enfant. On peut ne pas être d'accord, mais c'est mon avis et c'est mon droit. Le souci, c'est à partir du moment où on essaye d'imposer son avis aux autres, ou de restreindre le droit à l'avortement. Parce qu'après il y a aussi des gens pour décider à ta place que si tu es en couple, hétéro et riche, tu n'as aucune raison d'avorter et que donc tu devrais garder le foetus. Ben là c'est pareil : s'il y a des gens pour qui le handicap ne pose aucun problème tant mieux pour eux, mais ce n'est pas mon cas et on ne devrait pas culpabiliser les gens sur une question aussi complexe (je ne dis pas que tu le fais mais ça me semble problématique).

Alors après je pense qu'on devrait avoir les deux : d'une part la possibilité d'avoir ou non l'enfant trisomique, et d'autre part le fait d'avoir droit à des aides et un meilleur accompagnement si on fait le choix de le garder. L'un n'exclut pas l'autre, là c'est juste l'Etat qui n'a pas la volonté de sortir les sous (comme d'habitude quoi). Mais personne ne dit qu'on devrait obligatoirement avorter des foetus handicapés :hesite: par contre tout le monde a le droit d'être pleinement informé des risques histoire de faire un choix en toute connaissance de cause. J'ai déjà entendu une histoire d'une femme à qui le médecin avait caché que son foetus était trisomique parce qu'il ne voulait pas qu'elle l'avorte ; ben c'est aussi irrespectueux des droits des femmes que de cacher à une femme qu'elle est enceinte (même si ça paraît difficile) ou de lui faire peur avec des risques de stérilité, mort etc pour la forcer à garder un enfant. On a le droit de savoir et de choisir. D'autant plus que la femme dans l'histoire en question a carrément subi la situation du coup, à cause de l'idéologie du médecin qui estimait que son opinion prévalait sur le droit de la femme. Et de ce que j'en ai vu c'était catastrophique parce que du coup l'enfant n'était pas du tout désiré, était clairement un poids, et qu'au niveau des contraintes il avait fallu qu'elle quitte son emploi et qu'elle fasse déménager toute la famille pour être à proximité d'une structure d'aide pour enfants handicapés. Je dis pas que c'est la faute du gosse hein, il a rien demandé. Mais c'est clairement pas tolérable des situations comme ça.

Pour l'enfant sourd : on ne peut pas dire qu'il s'avère être sourd, comme ça, par hasard. Ca résulte d'une volonté. Après je ne sais pas si elles auraient pu l'éviter, mais pour moi choisir de faire appel à un donneur sourd c'est justement pour arriver à ce résultat :hesite:
Tu as mis le doigt sur le problème, je me permets de te citer : "Elles ont, en plus, mis au monde un enfant qui aurait, en commun avec elles, un trait qui leur permettra de mieux s'en occuper : étant sourdes elles-mêmes, elles auront moins de mal à s'occuper d'un enfant sourd..."
--> elles, elles, elles. Tout tourne autour d'elles et de leur confort. Rien n'est dit sur la situation de l'enfant. Franchement, je veux bien qu'il soit plus facile pour elles de s'occuper d'un enfant sourd, mais vaut-il mieux pour lui qu'il soit sourd pour autant ? :dunno:
pour moi c'est clairement pas une raison valable
 
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@Petite-fleur Je ne l'aurais pas mieux dit :worthy: c'est peut-être difficile à comprendre mais pour moi c'est plutôt un acte d'amour de ne pas vouloir mener à terme un enfant handicapé... Amour de l'enfant (ne pas vouloir une vie difficile pour lui/elle) et aussi amour de soi (ne pas vouloir se détruire en s'imposant un enfant non désiré qui en souffrira de toute façon, ou subir des problèmes financiers ou autres, surtout si on a déjà d'autres enfants dont s'occuper)
Après c'est ma vision des choses, je ne l'impose à personne
 
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Il y a un gros problème dans ce que vous dites : selon vous, l'enfant handicapé sera 1) forcément malheureux et 2) forcément un poids. Et ça, ça me gène. Juste parce qu'iel n'a pas les mêmes jeux, les mêmes expériences, les mêmes façons de grandir qu'un enfant neurotypique/valide ne veut pas dire qu'iel sera malheureux. Et puis on en dit quoi de moi, qui me suis battu.e avec ma maladie mentale (je suis psychotique, apparemment c'est aussi héréditaire d'ailleurs) pendant 5 ans, qui n'aurai jamais une vie complètement "normale" de personne neurotypique... J'aurais du être avorté.e, ou en tous cas on aurait du demander à ma mère si elle n'était pas sûre de ne pas le vouloir, parce que je n'ai pas toujours été heureux.se, loin de là? On peut pas savoir si notre gosse sera heureux.se ou pas, qu'iel ait l'air "normal.e" ou non en tant que foetus ou à la naissance.

C'est la société qui nous dit qu'il faut à tout prix être comme les autres pour être heureux.se, qu'une vie sans indépendance complète est forcément malheureuse. C'est pas forcément l'expérience de toute personne handicappée. Tout comme il y a une bonne partie de personnes neurotypiques, valides et profondément malheureuses.

Et l'idée que l'enfant handicappé est forcément un poids : un enfant, c'est un poids. Tous les enfants le sont. Quand t'as un gosse, tu peux plus te mettre des murges tous les week-ends jusqu'à trois heures du mat et te lever à midi le lendemain pour récupérer, c'est relou. Quand ton gosse de 25 ans se sépare de sa copine et a nulle part où crécher, tu lea récupères chez toi même si t'es ric-rac niveau sous, c'est relou. Quand ton gosse de 32 ans a un accident de voiture et devient tétraplégique, tu t'occupes d'iel même s'il y a 0 chances qu'iel s'en remette. C'est relou, mais tu le fais quand même, parce que c'est ton gosse. Est-ce qu'à ce moment là tu te dis "ah bah merde, j'aurais du avorter, c'est quand même relou les gosses"? Encore une fois, si l'état faisait son taf, il y aurait mille fois moins de problèmes pratiques à avoir un enfant handicappé, et si de façon pratique il n'y a effectivement plus de problèmes, oui, je trouve ça salement validiste d'avorter un gosse rien que parce qu'iel n'aura pas la vie typique d'un.e gosse (neuro)typique. Même si encore une fois, si tous les foetus pouvaient être avortés au même terme, je trouverais ça validiste mais je ne vous en disputerais pas le choix.
 

Lumioptéryx

il + masculin
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Alors... j'avais fait une réponse mais elle ne me convient pas vraiment. Je n'ai pas envie de traiter le message de just_in_case parce qu'il est douloureux à lire et que je ne devrais pas avoir à justifier ça.

Du coup je vais partir sur un autre axe qui ne m'obligera pas à relire des phrases cruelles (et oppressives, parce que oui c'est très oppressif tout ça). Donc mon message ne fait pas suite à un en particulier (d'autant que vous avez répondu entre temps), c'est plus lié au thème général.

Encore une fois je n'aime pas parler pour quelqu'un d'autre donc je vais utiliser mon propre exemple. On peut être tenté.e de se dire que l'autisme c'est pas pareil parce qu'il y a des points positifs. Bon autant le dire carrément, c'est un peu du fantasme ça. Oui on a accès à un statut un peu à part puisqu'on n'est pas vraiment dans le champ du handicap et qu'on parle plutôt de neuroatypie, pas de souci, loin de moi l'idée de comparer mon vécu à celui d'une personne ayant une maladie par exemple. De toute façon on a tous.tes des problématiques spécifiques.

Mais si on parle concrètement de mon quotidien, je suis handicapé.e. Parce les points positifs ne sont pas positifs pour la société et que de toute façon même tous réunis ils ne compensent pas du tout ce que je perds à être autiste dans ce monde. Est-ce que j'aimerais ne plus me flinguer les yeux à la moindre saute de lumière ? Oui. Est-ce que j'aimerais ne plus devoir apprendre des scripts sociaux pour survivre en société ? Certainement.

Alors est-ce que j'aimerais ne plus être autiste ? Non. Pas. Du. Tout. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas une somme de compétences et de déficiences. C'est hyper simple à dire et c'est pourtant LE truc que les typiques et les valides ont le plus de mal à cerner. Si je n'étais pas handicapé.e, si la socialisation ne me prenait pas à la gorge tous les jours, je ne serais pas qui je suis. Je serais quelqu'un d'autre, quelqu'un que je ne connais pas et qui n'aurait rien à voir avec moi. Si vous dîtes que ce serait mieux pour moi que je ne sois pas autiste, vous dîtes que cet.te inconnu.e dont on ne sait rien vaut plus que moi. Vous dîtes que tout ce que je suis devenu et tout ce que j'ai construit est aisément échangeable contre le confort de ne pas avoir de handicap. (Et vous dîtes à ma mère qu'elle aurait dû avoir cet enfant là et que si elle m'avait choisi elle aurait eu tort.)

Je ne suis pas un tableau avec des plus et des moins. C'est pas parce qu'il y a des plus que je veux rester autiste et c'est pas juste parce que je n'ai pas d'autre choix. C'est pas un calcul, c'est ma vie, c'est ma personnalité.

Je sais qu'arrivé.e là, plein de gens auront envie de me répondre "oui mais toi tu le vois comme ça, tant mieux, mais c'est pas vrai pour tout le monde". Oui mais d'une part, j'ai quand même le droit d'avoir ma propre voix. C'est un peu facile de ne retenir que celles qui vont dans le sens qu'on veut voir. D'autre part, il ne faut pas croire que vous savez ce que pensent ce "tout le monde". [Archivé] Il y a des personnes qui ont une mobilité acceptable et qui dépriment très vite comme il y en a qui ont une très grande paralysie et qui sont enthousiastes tout le temps. Les façons de vivre un même handicap sont très hétérogènes et dépendent d'une multitude de facteurs, c'est beaucoup plus subtil que "je ne peux pas faire ça ma vie est nulle".

Et si vous en êtes encore à "oui mais iel peut pas faire telle chose, iel a telle dépendance", vous ne voyez pas la personne mais seulement son handicap (ou l'idée que vous vous en faîtes). [Archivé]
 
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Juste pour info,la cousine de mon père est sourde tout comme l'est son mari et aucun de leurs 3 enfants n'est sourd ni n'a de problème d'audition. Alors,je ne sais pas à quel point c'est commun mais chercher un donneur sourd pour avoir un-e enfant sourd-e n'est pas forcément couronné de succès.
Je suis AVS,j'ai travaillé avec plusieurs enfants et ados avec des handicaps différents et si je peux voir les difficultés qu'ilselles rencontrent,je peux aussi voir qu'ilselles sont heureuxses. L'élève dont je me suis occupée le plus longtemps a connu certes des moments très difficiles mais c'est causé par une multitude de facteurs et pour bien la connaitre,je dirais que son fauteuil est loin d'être son plus gros problème.
D'un côté,ça me dérange un peu l'idée de vouloir faire naitre un-e enfant avec un handicap qu'ilelle devrait assumer mais de l'autre,tou-te-s les enfants et ados avec qui j'ai travaillé sont des personnes formidables. Je suis donc mitigée et comprends les deux raisonnements.
 
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