Le langage inclusif (TW): questions en tout genre.

23 Mars 2016
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Je suis les débats autour du langage inclusif depuis leur commencement, et j'ai une vraie question pour les personnes qui ne sont pas favorables à cette modification de la langue.
Je précise que je ne suis pas linguiste.
Pour moi, la langue doit permettre de nommer le réel : ce qui existe indépendamment de l'être humain et ce qui est élaboré par l'esprit humain. Si elle ne permet pas de nommer quelque chose avec précision, alors cette chose perd de son existence intrinsèque. S'il n'y avait pas de mots pour désigner une chaise, on parlerait de "tabouret à dossier", et dans ce cas, on aurait deux meubles qui relèvent d'une catégorie et d'une sous-catégorie de celle-ci. Si quelque chose existe, alors il faut pouvoir le nommer, si les mots manquent pour cela, il faut inventer des mots, et, le cas échéants, inventer des structures grammaticales.
Le langage inclusif joue ce rôle pour moi : rendre compte d'une réalité (présence de plusieurs genres identifiés ou non parmi les locuteurs) et permettre de l'exprimer. A ce titre, il est légitime. A ce titre, il est légitime aussi qu'il soit encadré par des règles d'usage.
 
20 Février 2014
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@La femme de Frank : La différence entre ces croyances, et je l'ai explicité dans mon message, c'est que la binarité dans le langue française est issue d'une histoire et d'un contexte de négation des personnes non binaires et d'invisibilisation du féminin par le masculin. Je ne dis pas que mes "croyances" sont "la vérité absolue" mais que celles que nous perpétuons aujourd'hui sont obsolètes (il n'y a pas que des hommes et des femmes donc pourquoi seulement 2 genres ? A moins que tu ne croies tout simplement pas en la non binarité et dans ce cas là je ne peux rien pour toi) et font du mal à certaines personnes qui ne peuvent être désigné.e.s ni se définir correctement via leur propre langue.

"Comment une société peut-elle rejeter sciemment ce qu'elle connaît aussi peu ? Il faudrait faire une histoire des genres, et je ne suis pas assez érudite sur le sujet, mais vous pas nécessairement non plus."

Rejeter ce que tu connais si peu c'est exactement ce que tu fais depuis ta venue sur ce topic, ce que font les membres de l'Académie et ce que tout les détracteurs de l'écriture inclusive font. Le fait que pendant longtemps et jusqu'à aujourd'hui encore on considère qu'il n'y a que deux genres et que l'un est supérieur à l'autre, c'est de l'histoire des genres qui ne nécessite pas d'être érudit pour être connue. Son influence dans notre langue est flagrante.

Pour la suite, je pense que tu vas vers le hors sujet. Je ne me demande pas pourquoi la non binarité n'a pas été prise en compte dans le passé. Le fait est qu'aujourd'hui une écriture existe pour désigner des personnes bien réelles jusqu'alors ignorées, et qu'aujourd'hui des personnes s'opposent à son utilisation en mettant sur le même point "la beauté de la langue" que le situation de souffrir du fait d'être mé-genré.e, ce que je trouve particulièrement insultant.

@AprilMayJune s'est déjà exprimée sur la justification scientifique donc je ne reviens pas dessus.

Ton discours a un relent de transphobie qui ne me plait pas, je ne compte donc pas continuer cette discussion.
 
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La femme de Frank

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@AprilMayJune je ne dis pas que le sujet ne peut pas être entendu parce qu'il n'y a pas uniformité, mais que justement les revendications sont souvent présentées au nom d'un groupe et devraient même apparaître comme évidentes aux yeux de tous. Alors que si tout le monde n'est pas d'accord, je pense qu'on peut dire que c'est une affaire de subjectivité, même si elle peut être récurrente chez les gens non-binaires. C'est une manière de s'approprier, de vivre les choses.
Je pense que tu n'as pas tort non plus quand tu dis qu'il y a des gens qui n'arrivent pas à concevoir le genre non-binaire (ce qui se comprend aussi), je pense en fait que les deux réalités existent (l'autre étant un attachement au langage vu comme un outil amoral). Le problème, qui est récurrent dans le militantisme, c'est que dès que quelqu'un n'est pas directement en faveur d'une revendication, ou n'adopte pas tel point de vue ou tels concepts quand on les lui explique, on l'amalgame à toutes les autres personnes divergentes, dont elles sont parfois plus éloignées que les militants en question. Donc là justement il y a une uniformisation caricaturale, une dichotomie entre les bons militants/les déconstruits et les autres. Les autres c'est les réacs, les fachos, les -phobes en tout genre. On n'écoute même plus les arguments, les sensibilités, on ne différencie ni la forme ni le fond. Il y a nous et les autres. Après je sais bien que peut-être que les bêtes et méchants sont plus nombreux que les autres, mais c'est pas une raison pour se passer de la subtilité des différentes positions à mon avis.
L'incapacité à reconnaître la personne par son genre que tu dis réel (genre qui est un choix ou non ? J'ai l'impression que tous ne disent pas la même chose) est quand même aisée à comprendre, moi je trouve qu'il faut être indulgent, à moins que la personne ne soit directement insultante. Si dans son paradigme, dans sa réalité, qui est celle qui est absolument majoritaire jusqu'à présent, il n'y a que deux genres, qu'il n'a jamais rencontré empiriquement d'autres genres que féminin ou masculin, c'est normal que ce ne soit pas instinctif, voire même perturbant. Si tu affirmes à un monothéiste qu'il y a en réalité plusieurs dieux et que tu en as la preuve (bon là c'est une fiction puisqu'on ne peut pas le prouver, mais c'est pour l'exemple), il va quand même y avoir une difficulté d'acceptation. Ça rejoint un peu la question que j'ai posée à Vagina Raptor et qui est restée relativement sans réponse. On ne peut pas être tout de suite absolument tolérant à propos de quelque chose qu'on ne connaît pas, ou qu'on découvre, qui bouscule nos certitudes, notre vision de la réalité.
Ce n'est pas forcément qu'au nom d'une pureté de langue, je l'ai déjà dit, c'est un peu réducteur vu comme ça. Ce n'est pas qu'un rapport théorique de raison par rapport à une langue, ça peut être aussi un rapport très sensible. Mais bon je pense qu'on ne se comprendra pas là-dessus. Je veux pas plus développer sinon j'en aurais fini à l'aube.
Je pense que ce qui dérange globalement ce n'est pas forcément le fait que la langue change en soi, c'est que cela se passe de façon aussi autoritaire de la part d'un groupe se servant de la langue comme d'un outil moral et politique. On en revient à ce rapport là, au langage et au politique. On peut partir du postulat que la langue est le reflet, la conséquence de la réalité, des phénomènes et non qu'elle a pour effet ou pour vocation de la façonner. Du coup dans cette optique là, qu'il s'agisse de n'importe quel militantisme, de n'importe quelle lutte contre n'importe quelle discrimination, on aura tendance à vouloir s'attaquer et modifier et montrer notre existence autrement que par la modification morale d'une langue, ou des arts. On s'emparerait d'abord d'autres moyens d'influence, qui n'ont pas d'autres propriétés justement que l'influence à la base, notamment la publicité par exemple, ou dans une mesure plus discutable les médias. La langue serait ensuite conséquemment et naturellement modifiée, comme elle l'a toujours été au cours de l'histoire, elle s'est beaucoup plus modelée par le passage du temps que par des décisions à un moment précis de tel ou tel individu ou groupe. Au moment où la langue se sera transformée de cette façon, par l'usage, alors elle sera en phase avec la réalité, et les gens n'auront plus l'impression qu'on les a obliger à adopter une écriture qui leur paraissait dispensable (surtout s'ils n'ont jamais rencontré de personnes non-binaires, ce qui est le cas de 95% de la population je pense). Cela dit, je conçois que tu ne sois pas du tout d'accord avec ce raisonnement, mais il ne me semble pas moins illégitime.
Pour l'histoire du livre, on vire un peu dans le hors-sujet, mais voilà un point de discordance, symptomatique du décalage dans notre façon de réfléchir et nos idées. Donc finalement, tu n'aspires pas à modifier ce livre parce qu'il est vieux, et une sorte de témoignage de l'époque, c'est ça ? Pourtant, si un livre sexiste sort aujourd'hui, il serait autant le témoignage d'une époque, d'une certaine façon, ou pas forcément, mais en tout cas il appartient à cette époque en tant qu'il y a été produit. D'autant que le livre dont tu parles reste à mon sens assez récent. Du coup moi je ne comprends pas qu'il faille "arrêter que des livres sexistes sortent". Que ça nous emmerde que ça arrive, ok, qu'on les pointent du doigt si on le veut à la limite (personnellement je ne comprends pas qu'on analyse une œuvre strictement sous l'angle politique, pour moi c'est indissociable de l'esthétique), mais que l'on s'emploie à tout faire pour que ça n'arrive pas et qu'on attendent des auteurs qu'ils soient en tout point moraux et égalitaires, ça j'y suis personnellement opposée.

@Gabelote Je comprends, cela dit le langage n'est jamais exhaustif. Et il y a aussi des langages propres à certains milieux. Les mots englobent des choses et ne décrivent pas tout, il n'y a pas un mot pour chaque chose individuellement. Et cette volonté de tout nommer, donc finalement de valider voire de multiplier cette propension à tout catégoriser, est questionnable aussi. Il y a des tas gens qui n'ont pas besoin, ni envie, voire même qui n'apprécient pas de se mettre dans des cases. Mais regarde tout ce qui se fait au niveau de la sexualité, on en invente sans cesse des nouvelles dernièrement. Personnellement je respecte cette volonté, je peux la comprendre, et je ne vais pas ostensiblement me ficher de quelqu'un qui se désignerait "sapiosexuel" par exemple, pour autant pour moi cette catégorie n'a pas de réalité tangible, et même si la description qu'on en fait me correspond je ne voudrais surtout pas me catégoriser et être catégorisée ainsi. C'est pour ça que pour moi ça relève du personnel, de la réalité de chacun.
Et par exemple les concepts théoriques, qui désignent aussi des phénomènes réels pour leurs auteurs, ne sont pas entrés dans le dictionnaire pour la majorité, ou seulement dans des dictionnaires spécialisés, parce que le dictionnaire s'occupe des termes les plus courants.
Bref, je ne parle plus forcément de la non-binarité ici mais c'est pour dire que le fait que toute chose ou tout phénomène à une désignation n'est pas évidente.
Quant à la phrase "la langue doit permettre de nommer le réel : ce qui existe indépendamment de l'être humain et ce qui est élaboré par l'esprit humain", là se situe une des disctinctions fondamentales que font les gens à mon avis, qui rejoint le questionnement sur la biologie et les gender studies (si vous préférez plutôt que "théorie du genre" qui a été péjorativement repris). C'est que pour certains l'identité ou le genre relève des lois de la nature, donc ce qui existe indépendamment de l'être humain, où sexe et genre ne font qu'un, et pour les autres elle est une construction sociale, donc qui est élaborée par l'esprit humain. Il y a là deux paradigmes différents qui peuvent difficilement cohabiter.

@CaraNougat tu dis que tu ne comptes pas continuer cette discussion donc je ne sais pas ça vaut le coup que je répondre mais bon.
"Le fait que pendant longtemps et jusqu'à aujourd'hui encore on considère qu'il n'y a que deux genres et que l'un est supérieur à l'autre, c'est de l'histoire des genres qui ne nécessite pas d'être érudit pour être connue." Ben si justement. Car à moins que tu ne sois une experte des genres au cours de l'histoire mondiale, comment peux-tu savoir s'il y a de tout temps eu des personnes non-binaires ? Et combien ? Et combien se connaissaient, se reconnaissaient, se revendiquaient comme telles ? Comment la société, qui est composée d'invidus, ou même les gens qui régissent cette société, peuvent-ils décider de visibiliser ou d'invisibiliser les personnes non-binaires si elles sont rares ou ne le communiquent pas ? Si la grande majorité des gens n'en ont jamais rencontrées ? On peut pas faire un reproche de non-anticipation d'un genre méconnu. Après peut-être que c'était pas du tout méconnu mais enfin, on n'est pas assez spécialistes sur la question pour le savoir. Avant de côtoyer Madmoizelle ou des milieux très militants, qui ont à un moment ou un autre étaient en contact direct avec des personnes non-binaires est-ce que tu connaissais leur existence ? Donc je pense pas qu'on puisse assurer qu'il y'a une invisibilisation consciente et volontaire. (Ce qui est plus compliqué à affirmer concernant le sexisme)
 
8 Juin 2015
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J'ai une question quand même : où place-t-on la limite entre une hypersensibilité vis à vis d'un sujet et la réaction "normale" face à des comportement inappropriés et oppressif.

Je veux dire, d'un côté dans le débat on a des gens qui souhaitent se contenter de resspecter les conventions les plus usitées et les plus large, ou qui considèrent que la langue possède un genre "non marqué" et un genre marqué, et donc un "neutre" de fait, et estime donc ne pas agir de façon oppressive, et de l'autre on à aussi des gens qui semblent souffrir profondément de la façon donc on les désigne, comme Vagina Raptor. Quel serait le critère pour dire qu'un camp est plus légitime que l'autre ? Comment trancher ?

J'ai vraiment l'impression que c'est impossible et qu'il faudrait que les deux parties arrivent à se satisfaire du statut quo. Même si ça ne semble pas être possible...
 
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La femme de Frank

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@AprilMayJune Ok pour l'histoire du livre, alors on est assez d'accord, mais ce n'était pas évident, parce que quand on lit la majorité des critiques d'art militantes, on n'a pas l'impression qu'il est dit "cela montre que le monde continue d'être problématique et qu'il faut lutter extérieurement", mais plutôt "il ne devrait pas y avoir de telle œuvre, son auteur est -phobe, l'art doit être égalitaire, moral, représentatif car cela influence la société" et parfois il y a des appels au boycott ou à la censure, ente autres exemples Exhibit B, Orelsan ou Polanski (il y a donc aussi la question de l'auteur de l'œuvre qui est mise en jeu).

Quant à tes questions, il y a pleins de choses qui diffèrent dans nos positions. On n'est pas forcément d'accord sur les mêmes choses comme étant problématiques, du moins pas assez pour qu'elles soient changées artificiellement, donc sur les méthodes à employer, etc. Donc ce n'est pas baisser les bras et accepter les discriminations. Mais déjà essayer de comprendre pourquoi il y en a, parce qu'accepter qu'il y en ait en se disant que les gens sont juste des connards c'est trop facile. C'est pour ça que, ça n'a pas l'air d'être bien compris, je ne parle pas qu'en mon nom ici, d'autant que je n'ai pas de cause personnelle à défendre, mais j'essaie aussi de saisir les différentes positions et réactions.
Pour l'écriture inclusive en elle-même, je n'ai pas de position figée, même si pour l'instant je ne l'utilise pas. Moi ce qui me semble le mieux c'est de communiquer ce désir à son entourage, voire tous les gens qu'on rencontre. Je comprends ce qu'aurait de symbolique l'officialisation d'une telle langue pour les gens non-binaires, mais si les individus eux-mêmes continuent de rejeter l'idée de personnes non-binaires, crois-tu vraiment que l'imposition de cette langue changerait la donne et rendrait meilleur le quotidien ? A l'inverse, n'est-ce pas beaucoup mieux de rencontrer les gens et leur expliquer notre besoin, s'ils l'acceptent, même si l'écriture ne se globalise pas à l'ensemble de la société ? Le but n'est pas purement esthétique, pour qu'on se reconnaisse soi, mais à terme que l'ensemble des individus nous reconnaissent ? Du coup, on n'en revient toujours au même truc, moi je crois malheureusement difficilement que la présence du non-binaire dans le langage changera ceux qui sont réticents à l'idée de non-binarité. Je ne crois pas à une telle effectivité de la langue, nommer une chose qui ne fait pas sens pour quelqu'un n'en fera pas une existence à ses yeux. Et si on l'a plus ou moins forcé à utiliser un certain langage, ça peut même le braquer encore plus par contradiction. Et je rappelle, même si ça reste blessant pour vous, qu'une personne qui ne croit pas à la différence genre/sexe ou à la non-binarité nie pas qu'il s'agit de personnes réelles, mais leur genre, et l'identité ne se réduit pas qu'au genre, heureusement. Moi je crois plus à la rencontre empirique, ce n'est pas rien d'avoir quelqu'un devant soi, qui t'explique, bien sûr que ça change la perspective, ce n'est vraiment que dans la vision et le contact avec l'autre qu'il a toute sa réalité (c'est un peu l'éthique du visage de Lévinas).
Sinon je saisis bien à quoi point il est compliqué d'accepter de voir les gens discuter de la réalité ou non d'une identité de genre, mais franchement je trouve que ça s'explique bien par la méconnaissance, encore une fois méconnaissance empirique. Comment peut-on accepter directement que ce qu'on conçoit comme la réalité soit ébranlé, et par une chose dont on a jamais constaté la réalité tangible si l'on n'a jamais rencontre de gens non-binaires ? Si on n'a jamais même entendu parler de non-binarité c'est normal qu'on ne l'accepte pas du jour au lendemain, normal au sens de comment fonctionne un être humain. On pourrait faire un peu de philosophie psychologisante là. Vous allez me dire, oui mais ça ne change rien à la vie de la personne, ca ne lui est pas nuisible, en fait si, mais ça se situe sur un autre plan, peut-être est-ce moins grave je ne sais pas, toujours est-il que ça est. La réalité qu'on se fait du monde, nos certitudes, c'est pas juste accessoire, c'est pas là forcément une question d'identité, mais de rapport, de position par rapport au monde. C'est pour ça encore une fois que je pense que c'est beaucoup plus facile à accepter quand on rencontre une personne concernée, que quand on nous force sur Internet, de façon impersonnelle, à changer notre écriture. L'altérité il faut en faire l'expérience pour la concevoir. Quelqu'un qui serait isolé, n'aurait jamais rencontré d'autres personnes, mais ne ferait que parler avec sur Internet, ne pourrait pas concevoir l'altérité ou se montrer tolérant qu'artificellement, que parce qu'on lui en parle. Ce n'est pas dit que dans la réalité, quand il en rencontrera, ce sera naturel, d'apercevoir cette altérité et d'être ouvert, tolérant et moral. J'en reviens là à l'exemple que je donnais de la personne blanche qui n'a jamais vu quelqu'un de noir.

Bon, je débranche, bonne journée ! (Peut-être que si tu veux encore me répondre, le MP est préférable ?)

PS : il y a des fautes dans tous mes messages mais j'ai la flemme, je suis en roue-libre :cyclope:
 
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La femme de Frank

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Si je peux me permette, si vous continuez votre discussion, vous pouvez le faire ici? Je trouve ça intéressant :ninja: Mais je comprends si vous préférez passer en mp :cretin:
Malheureuse :scream::scream::scream:
 
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  • Big up !
Réactions : Sélavy
28 Août 2013
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Montpellier
sciencesaucinema.fr
@La femme de Frank mais tu es d'une indécence totale :oo:. En gros tu demande à des personnes discriminées qui on dit et redit combien elles étaient blessées par des discriminations qu'y les touchent (et les tuent), de ne rien faire parce que tu n'es pas certaine que ça aura pour résultat l'acceptation de ces personnes par tout le monde*, qu'elles doivent être gentille avec celleux qui les blessent parce que dans le fond "ce ne sont pas des gros connards" et que bon s'il y a discrimination il doit bien avoir une (bonne) raison**. C'est d'une violence inouïe. On est pas loin d'un "TG le discriminé, tu nous fais chier à demander le respect" tout en étant en plein cis-planing (où en tant que cis, tu saurais mieux que les personnes trans comment mener leur combat).
Que pour toi le genre ne soit pas quelque chose d'important dans ta vie, c'est ton (notre) privilège de personne cis. Tu ne peux pas comparer ta vie et tes ressentis à celui de personnes trans.

* je pense que les discriminé.e.s le savent déjà, pas besoin que tu le rappelle. D'ailleurs c'est pas le but, le but s'est juste de pouvoir vivre sans craindre pour sa vie et sa santé mentale.
**ok c'est moi qui rajoute le "bonne" mais le glissement de ton propos est très facile.
 
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La femme de Frank

Guest
@shigurette libre à toi de caricaturer à ta guise.
Je veux bien que ça blesse et j'en suis désolée, mais quand on n'a pas envie de saisir la subtilité des propos (et le caractère très interrogatif, je pense que peu de gens s'expriment ici autant sous la forme de questions), ben on n'y arrive pas.
 
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La femme de Frank

Guest
@AprilMayJune effectivement, je pensais avoir du mal avec la concision mais je m'avoue vaincue :cretin:
J'ai lu ton post attentivement et je te remercie de ta promptitude et de ton effort à dialoguer, c'est fort apprécié.
Je n'ai pas grand-chose à rajouter, ce ne serait que pinailler sur des détails, du coup je ne veux pas empirer les choses. Je ne me suis pas fait comprendre sur tout, mais ça fait partie du jeu, et j'ai besoin de passer moins de temps sur l'ordi (je suis un peu longue à la rédaction en plus).
Pour la vision de shigurette, ben non, je suis désolée mais c'est pas vraiment ça. Déjà je ne fais pas de vraie proposition, suggestion ou recommandation. C'est pour ça que c'est surtout interrogatif, je soulève des questions ou des possibilités ou des hypothèses, selon ma vision du langage, de la psychologique humaine, etc. Personne n'envisage le monde de la même façon, c'est normal qu'en découle des idées différentes sur les méthodes à employer pour le changer. Mais au final, c'est toujours entre vos mains de décider ce que vous souhaitez, je ne dicte évidement le comportement de personne. C'est aussi un des problèmes de ce genre de debat, je conçois que pour les gens très engagés concernés ou non, ce soit difficile d'accepter que les gens n'aient pas de position tranchée, qu'on doit être d'un côté ou de l'autre immédiatement. Mais je suis navrée ça se passe jamais comme ça dans la vie, et c'est normal, on peut assumer le flou, le mouvant. Si y a pas de mouvement y a pas de changement. Donc ouais moi je me réserve le droit de même à la fin d'un débat ne pas prétendre avoir de solution miracle ou d'idées hyper arrêtées. Ça me va d'être dans un entre-deux, on l'est toujours un peu de toute façon.

PS : je parlais de ma propre disparition :cretin: l'implosion du forum n'est pas encore prévue à ce jour :cretin:
 
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Réactions : Aqua et Madthilde
23 Mars 2016
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Pour répondre à la question que tu poses, j'avais spécifiquement répondu à ce point auparavant (sans être linguiste moi-même non plus ^^), et ayant la flemme de fouiller, je vais résumer brièvement mon opinion : oui il faut des mots pour décrire le réel, et ces mots ont été inventés quand il y en avait besoin (par exemple, typiquement, "transsexuel/transgenre"). Par contre les structures grammatical représentent un fonctionnement de la langue et non pas une représentation du monde stricte et n'ont pas vraiment besoin d'être altérées.
(si tu souhaites que je te dé-cites, n'hésite pas à me le dire, je le fais par confort de suivi de cet échange).

Donc, arrête-moi si je me trompe, tu considères comme ok (légitime ? nécessaire ?) d'inventer du vocabulaire pour adapter la langue à la réalité qu'elle décrit, mais pas ok (non nécessaire ? non légitime ?) de modifier des structures grammaticales ?
A cet égard, le pronom "iel", les pronoms "elleux", "celleux", "lea".... qui naissent d'une fusion des formes masculine et féminine sont une invention de vocabulaire ou une modification de la structure grammaticale ?
L'invention des pronoms neutres (j'en connais très peu, j'ai vu des "ul", des "ol", des "aël"...) c'est de la création ok de vocabulaire ou de la modification pas ok de structure grammaticale ?
Du coup ma question qui arrive pas subtilement du tout : pourquoi l'invention de vocabulaire est ok et pas la modification grammaticale ? Surtout que, on l'a déjà vu, la modification grammaticale a déjà eu lieu plusieurs fois dans la langue française. Et ces modifications grammaticales (l'une d'entre elles, au moins) obéissait justement à une représentation du monde ("le genre le plus noble" je ne vais pas refaire l'historique de cette discussion).
 
4 Mars 2014
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Montpellier
Par contre les structures grammatical représentent un fonctionnement de la langue et non pas une représentation du monde stricte et n'ont pas vraiment besoin d'être altérées.

Mais justement, comme la grammaire "entérine" l'usage, et que l'usage change, ben c'est normal que la grammaire change avec :cretin: Des évolutions grammaticales y'en a depuis bien plus longtemps que le français existe (pour rappel, la français n'est pas apparu comme par magie, le français c'est une succession d'évolutions : indo-européen > langues italiques > langues latino-falisques (dont le latin) > français (le > indique la descendance d'une langue à l'autre) (et le français fait partie du groupe "langues d'oïl" qui compte quatre langues en tout, proches les unes des autres, qui ont donc la même origine mais qui ont évolué différemment). D'ailleurs, le français a énormément évolué depuis sa création, donc pourquoi d'un coup il faudrait que ça s'arrête ? :dunno:
Je sais plus si c'est ici que je l'ai dit, mais une langue qui n'évolue pas est une langue morte. Et jusqu'à preuve du contraire, le français est une langue vivante en constante évolution.
(Et c'est l'usage qui fait la langue, et non la langue qui fait l'usage. Et ça, c'est un "dicton" appris en linguistique.)

Donc encore une fois, invoquer la linguiste et la grammaire pour dire que le français ne doit au grand jamais évoluer, c'est ne rien connaître en linguistique. La linguistique, c'est (entre autres) l'étude des évolutions des langues, donc à quel moment on peut s'appuyer sur la linguistique pour justifier une non-évolution ? C'est le principe même de la discipline :lol:

(Au cas où, j'ai cinq ans d'études linguistiques derrière moi, et un vif intérêt pour cet discipline.)
 
Dernière édition :
16 Juin 2008
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Le Mans
Juste, je sais que mon message ne sert à rien, mais votre conversation arrête pas de me faire penser à mes anciens cours d'histoire du droit, où je devais chaque semaine pour faire mes td, analyser environ 5 pages de droit en vieux français et pour y arriver lire des dizaines de pages de livre aussi en vieux français :lol:
donc oui le français a bien changé au cours de l'histoire :rire:

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