Je ne sais pas quoi penser de ce fameux pass et, étant habituellement pro-vaxx (essentiellement parce que j'ai grandi avec une personne immuno-déprimée et que donc j'ai compris assez tôt l'utilité d'une bonne couverture vaccinale à grande échelle), j'avoue que les différents vaccins proposés aujourd'hui ne m'inspirent pas spécialement confiance. On verra, j'espère que l'avenir me donnera tort quant à leur utilité et aux zones d'ombre qui subsistent. Je suis primo-vaccinée depuis un peu plus d'une semaine, sans grande conviction mais au moins c'est fait.
Et en fait, à titre personnel, ce n'est pas la grogne contre le pass sanitaire et la méfiance envers les vaccins actuellement sur le marché que je trouve problématiques. Je l'ai déjà dit ailleurs, je me refuse de juger la colère, les rassemblements contre l'obligation vaccinale déguisée (qui, pour moi, viennent aussi de la communication du gouvernement, parfois plus que du fond en lui-même), les soignants refusant les vaccins disponibles et tutti quanti. Les discours moralisateurs, la course à celui qui s'autoproclamera comme "le meilleur citoyen" et la division de la population, je trouvais déjà ça pathétique en mars 2020 quand ça visait les joggeurs, puis les boomers, puis les jeunes, puis... C'est sans fin et ça devient franchement ridicule. Au bout de 16 mois, ce serait peut-être pas mal de changer de disque.
En revanche, l'analogie avec le IIIème Reich est juste nauséabonde. A mon sens, ce genre de comparaisons historiques n'est jamais pertinente et c'est une espèce de paresse intellectuelle : on extrait un événement de son contexte pour le faire coller à une réalité qui n'a rien à voir, on propage une punchline balancée sur Twitter. J'ai trouvé ça hallucinant de voir le nombre d'étoiles jaunes portées en manif (sur des images seulement, je n'y étais pas, donc le reportage était peut-être orienté) et de voir qu'une personne pourtant ultra cultivée de mon cercle proche s'est mise à la relayer. Encore une fois je comprends qu'on puisse vouloir utiliser des mots forts/percutants à dessein puisque c'est le seul pouvoir que le peuple ait dans une société démocratique, mais non. Juste non. On ne peut décemment pas comparer la vaccination à la déportation, la torture et au génocide de millions de Juifs (+ personnes handicapées et homosexuelles également). C'est du délire. Pourquoi ne pas plutôt étayer ses propres arguments et expliquer avec ses mots à soi en quoi c'est stigmatisant/en quoi ça déplaît, sans chercher un quelconque raccourci fumeux ? Idem pour la comparaison pass sanitaire = viol/agression.
Les mots ont un impact, surtout quand ils instrumentalisent du même coup le vécu et le traumatisme de nombreuses victimes, voire de toute une communauté.
Aussi, ça me fait rire jaune de voir que le parallèle avec la Shoah a été largement relayé par certaines figures politiques d'extrême droite et par leurs sympathisant.e.s, alors que ce ne sont généralement pas les derniers à donner dans le négationnisme et l'antisémitisme
Et en fait, à titre personnel, ce n'est pas la grogne contre le pass sanitaire et la méfiance envers les vaccins actuellement sur le marché que je trouve problématiques. Je l'ai déjà dit ailleurs, je me refuse de juger la colère, les rassemblements contre l'obligation vaccinale déguisée (qui, pour moi, viennent aussi de la communication du gouvernement, parfois plus que du fond en lui-même), les soignants refusant les vaccins disponibles et tutti quanti. Les discours moralisateurs, la course à celui qui s'autoproclamera comme "le meilleur citoyen" et la division de la population, je trouvais déjà ça pathétique en mars 2020 quand ça visait les joggeurs, puis les boomers, puis les jeunes, puis... C'est sans fin et ça devient franchement ridicule. Au bout de 16 mois, ce serait peut-être pas mal de changer de disque.
En revanche, l'analogie avec le IIIème Reich est juste nauséabonde. A mon sens, ce genre de comparaisons historiques n'est jamais pertinente et c'est une espèce de paresse intellectuelle : on extrait un événement de son contexte pour le faire coller à une réalité qui n'a rien à voir, on propage une punchline balancée sur Twitter. J'ai trouvé ça hallucinant de voir le nombre d'étoiles jaunes portées en manif (sur des images seulement, je n'y étais pas, donc le reportage était peut-être orienté) et de voir qu'une personne pourtant ultra cultivée de mon cercle proche s'est mise à la relayer. Encore une fois je comprends qu'on puisse vouloir utiliser des mots forts/percutants à dessein puisque c'est le seul pouvoir que le peuple ait dans une société démocratique, mais non. Juste non. On ne peut décemment pas comparer la vaccination à la déportation, la torture et au génocide de millions de Juifs (+ personnes handicapées et homosexuelles également). C'est du délire. Pourquoi ne pas plutôt étayer ses propres arguments et expliquer avec ses mots à soi en quoi c'est stigmatisant/en quoi ça déplaît, sans chercher un quelconque raccourci fumeux ? Idem pour la comparaison pass sanitaire = viol/agression.
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
Les mots ont un impact, surtout quand ils instrumentalisent du même coup le vécu et le traumatisme de nombreuses victimes, voire de toute une communauté.
Aussi, ça me fait rire jaune de voir que le parallèle avec la Shoah a été largement relayé par certaines figures politiques d'extrême droite et par leurs sympathisant.e.s, alors que ce ne sont généralement pas les derniers à donner dans le négationnisme et l'antisémitisme
). Par contre, décider d'ôter des libertés à une partie de la population "pour le bien commun", c'est un mécanisme de gestion de population dont je vois la similarité avec la shoah. Parce que y'a pas QUE ÇA qui fait penser que de nombreux gouvernements actuels se tournent vers des politiques dictatoriales, qu'on a vu ce que ça a pu donner face au peuple juif, et qu'en fait moi j'ai pas envie que ça recommence. Pour moi les gens qui font ce genre de comparaison (et j'avoue que j'ai partagé un truc dans ce sens sur FB), c'est une façon de tirer une sonnette d'alarme, de dire "Hey, ce qui se passe là, moi ça me fait penser à des trucs horribles qui se sont passés, regardez", je comprends qu'on puisse trouver ça maladroit, que ça puisse choquer même, mais malgré tout je le vois comme une alerte de certains parce qu'on a peur en fait, peur de ce qui se passe depuis des décennies et qu'à un moment donné la peur elle sert aussi à nous prévenir de quelque chose.