@PennSardin
Des chrétiens oui. Je n'ai rien dit au sujet des chrétiens. J'ai parlé de l'Eglise. J'ai moi-même été pendant 7 ans scolarisé dans un établissement catholique marianiste, et j'ai vu des gens défendre le mariage pour tous au nom de l'amour de Dieu, comme j'en ai vu qui disaient que les homosexuels étaient contre-nature et que Dieu ne permettait pas cela.
Le problème c'est que l'Eglise ne dit rien quant aux seconds qui "expriment leur foi" en professant leur haine, et n'épaule pas les seconds. Elle a en moyenne la position du "l'avortement/l'homosexualité c'est péché mais on pardonne les péchés". En tant qu'institution, elle ne remet pas en question les principes fallacieux qui sont à l'origine d'une telle idée, et ne fait aucun travail d'accompagnement de ces personnes, au contraire. Il y a bien des individus qui font ce travail, y compris au nom de leur foi, dont David et Jonathan, mais ce sont des individus et ils ne sont pas du tout épaulés par le clergé ou par leurs supérieurs (pour les prêtres). D'ailleurs, l'Eglise n'accepte pas de prêtres ouvertement gays, donc parler d'acceptation, et par-dessus le marché de soutien, c'est juste un mensonge.
Et pour le reste, je conserva ma position : si la religion catholique doit négocier avec certains de ses principes pour accepter les personnes homosexuelles, c'est que ces principes sont (à mes yeux) problématiques. Le fait qu'ils découlent d'une religion ne donne pas à de tels principes un passe-droit qui ferait que les actions qu'ils déclenchent soient sans conséquences pour celleux qui en sont touché-es, il n'y a pas à mes yeux de privilège du sacré qui ferait que ces principes soient plus pardonnables car issus d'une religion et non d'une morale laïque. Donc non, je ne compatirais pas avec une institution obligée de lâcher ses principes si lesdits principes sont contre mon existence et je ne donnerais pas de cookie au Pape François s'il accepte l'avortement ou s'il travaille à reconnaître qu'être homo n'est pas un péché. L'Eglise a causé beaucoup de souffrances avec lesdits principes, et à ses fidèles, et aux non-croyants, car lesdits principes ont donné des armes aux oppresseurs, voire l'Eglise a elle-même fait partie des oppresseurs... et vous voudriez que je pleure sur le fait que cette institution soit obligée de changer ce discours, que ça lui demande de l'énergie et que c'est dur ? Hors de question. De même que je n'ai pas de compassion pour mes parents qui "souffrent" du fait que je sois trans et gouine, je n'ai pas de compassion pour l'Eglise car ce travail d'acceptation d'autrui est un minimum syndical de la part de l'oppresseur.
(Je parle bien de l'Eglise, pas des fidèles).