elegance-3;4941064 a dit :angelten-richard-ii;4938265 a dit :elegance-3;4938086 a dit :Je l'ai dis hier sur ECM, je vais animer un débat sur le féminisme, à un auditoire composé de 90% de gars.
Le féminisme, c'est quelque chose que, j'estime, nous concerne tous. Mais je ne me suis jamais intéressé de très près à cela.
Bref, je souhaite donner une bonne image de cela, faire comprendre que c'est important, l'égalité hommes/femmes, faire réagir, susciter l'intérêt de mon auditoire, et les amener à débattre et donner leur avis.
Mais, c'est un sujet très vaste, je m'en rends compte au travers de mes recherches, le temps m'est compté, et j'avoue que je m'énerve vite quand je tombe sur des articles qui disent combien le féminisme c'est de la merde.
Auriez-vous, quelques pistes à me donner, des idées de choses qui seraient intéressant d'en parler, des questions à poser etc ?![]()
Tout d'abord, bon courage. Je ne sais pas trop dans quel contexte tu vas faire cet exposé-débat. Je suppose que c'est plutôt une classe de lycéens/étudiants ?
Tu pourrais faire un rapide résumé de l'histoire du féminisme (les grands noms : Hubertine Auclert, Emeline Pankhurst, Suffragettes, Olympe de Gouges...). Ensuite, quelques stats pourraient leur faire du bien (pas trop, sinon c'est trop long).
Ensuite, exposer ce qui fait le socle du féminisme : vouloir l'égalité en droits sans distinction de genre. Tu peux parler vite fait des différentes branches, mais ATTENTION aux branches un peu chelous (malheureusement, il existe des féministes homophobes, des féministes transphobes, des féministes racistes...)
Tu peux parler de trucs ludiques et simples comme le test de Bedchel.
J'ai pas d'autres idées pour l'instant.
Effectivement, c'est avec une classe d'étudiant.
Merci pour ces idées
Merde, le féminisme est vraiment trop connoté négativement... Je suis tombée sur un article qui a pour titre "un homme féministe, ça existe ?", on a l'impression que la question est stupide et que la réponse est évidemment non. Un homme voulant l'égalité hommes femmes, bien sur que non ça n'existe pas
Ou peut-être bien que je vis dans un monde de bisounours
Et du coup, je me pose la question: qu'est ce que les hommes pourraient faire, pourraient changer en eux même, pour aider à cette égalité ?
Je lis petit à petit tout ce topic, désolée si la question a déjà été posée![]()
Pour ton débat, je te conseille de réfléchir à orienter les questions sur le fonds du féminisme plutôt que sur le féminisme lui-même.
Par exemple sur "quel est le rôle du féminisme dans la lutte contre les violences contre les femmes?" ou "quelle place pour les hommes dans le féminisme" plutôt que "le féminisme est-ce encore utile?" parce que si tu as un public novice, et surtout de mecs, tu risques de te retrouver dans des débats raz-les-pâquerettes où des gens qui n'y connaissent pas grand-chose au féminisme t'assènent des vérités générales et des banalités sur l'inégalité.
Sinon concernant les hommes, c'est un grand débat du féminisme et effectivement, certains mouvements estiment que les hommes ne peuvent pas être de vrais féministes parce qu'ils ne peuvent pas complètement se détacher de leur rôle de dominant, que leur présence dans le féminisme risque de voler la parole aux femmes etc.
Ce qu'on dit souvent dans ces cas-là c'est que le premier rôle des hommes qui veulent aider n'est pas de faire de grands discours, de dire qu'ils aiment les femmes et de donner ce qu'ils croient être des solutions mais d'écouter les revendications des femmes, d'y réfléchir et de questionner leur propre comportement.
Pour aider, l'idéal c'est que l'homme demande "qu'est-ce que je peux faire pour t'épauler?" au lieu de se lancer toute seule dans la lutte en pensant qu'il sait ce qu'il faut faire.
Je pense que l'une des bases pour l'homme féministe c'est d'accepter que si quelqu'un lui raconte des discriminations dont il n'a jamais été témoin ou dont il n'a jamais entendu parler, il ne doit pas dire "je crois que tu exagères quand même, tu te fais des idées". Malheureusement, c'est un réflexe hyper courant.
Et du coup, ça vaut aussi pour le "Certaines féministes sont quand même extrémistes... et pourtant je suis féministe!". Ya pas longtemps un gars beaucoup plus âgé me l'a sorti et le "pourtant je suis féministe" était dit comme une sorte d'argument d'autorité, du genre "je suis bien placé pour les étiqueter extrémiste vu que je suis féministe". Or déjà c'est la première chose qu'il a répondu quand une fille lui a dit que j'étais intéressée par le féminisme, ce qui est quand même un peu suspect : pourquoi imméditament chercher à discréditer les "féministes extrémistes" quand on apprend qu'une interlocutrice est féministe au lieu de l'accueillir avec enthousiasme et de chercher à mieux connaitre ses positions? Et puis du coup, ça veut dire qu'il ne s'est pas posé de questions sur le fait que certaines féministes soient plus radicales que lui : peut-être que ce dont elles sont témoins, qu'elles subissent, n'est pas la même chose que ce dont il est témoin?
Ces deux choses - accepter des témoignages qui paraissent étrangers à ce qu'on voit et se remettre en questions - sont déjà des actions quelque part. Parce que ça veut dire qu'on accepte d'ouvrir les yeux sur son propre comportement et sur celui des autres. C'est la base! On ne peut pas pratiquer un sport juste en l'ayant regardé à la télé. Il faut que quelqu'un qui a de l'expérience nous apprenne comment on y joue sur le terrain et qu'on soit prêt à reconnaitre que tel ou tel geste qui a l'air efficace fait en fait plus de mal que de bien.
Une fois qu'on a écouté, alors seulement on peut commencer à agir mais c'est agir sur d'autres gens qui sont dans la même situation que soi qui est important : par exemple faire remarquer à un homme son attitude inappropriée plutôt que de donner des conseils à une femme.
Je pense que si une femme cherche l'égalité avec les hommes, ça peut suffire à la qualifier de féministe parce qu'elle expérimente concrètement l'inégalité. Mais un homme qui clame vouloir l'égalité, ce n'est pas suffisant car il est probablement aveugle sans le savoir à toutes sortes d'inégalités et de discriminations. C'est ça qu'il doit d'abord travailler : il doit identifier ce que sont les inégalités pour pouvoir lutter à les éliminer.




).
Mais cette page du Courrier-international est bien, la photo est belle, et on parle des professionnelles indiennes.
(Et elle fut aussi la dernière cosmonaute sud-coréenne, tout sexe confondu parce que la Corée du sud n'a eu en tout et pour tout qu'un seul cosmonaute et que Yi So-yeon a décidé de se retirer du programme

Pas grave, ça peut toujours servir!
). On a notamment parlé de la suppression du terme mademoiselle sur les documents administratifs (c'est marrant comme ce sujet revient systématiquement lorsque quelqu'un critique le féminisme !) et j'ai défendu du mieux que je peux - j'étais plutôt fière de moi - cette décision. Du coup, vu que j'ai été pas mal virulente et très active dans le débat (je n'ai eu aucune gêne à dire ouvertement que j'étais féministe), la prof m'a demandé de faire un point sur ce qu'étais le féminisme aujourd'hui, car beaucoup confondait ce terme avec la misandrie.
)