Merci beaucoup, tout le monde, pour vos réponses. Ça me touche vraiment...
Je crois que le pire a été l'émulation collective, sous l'effet de l'alcool probablement ; ça m'a fait l'effet d'être une cible, immobile et facile à toucher. J'ai pourtant de la répartie, je fais des études de lettres et généralement mes mots viennent pallier mon physique de souricette. Mais là, c'était le trou noir. Je suis partie pour qu'ils ne me voient pas pleurer, je me sentais pitoyable. D'habitude je suis pourtant la première à monter au créneau pour l'égalité et la lutte contre le sexisme, et ce genre de réflexions me fait très vite exploser. Mais je n'ai rien pu dire, aucun mot ne voulait sortir de ma bouche et je continuais à sourire bêtement en me mordant l'intérieur des joues.
Heureusement que M. mon autre collègue était là...il me serrait fort la main sous la table pour me rassurer, et il essayait de me défendre. Je tremblais comme une feuille, il m'a aidée à me calmer.
Je n'en ai pas parlé à mon copain. J'ai honte. Je n'arrive pas à accepter ma passivité et mon impuissance, ni le fait que si les choses avaient mal tournées je n'aurais même pas su me défendre. Je m'étais toujours dit que je saurais réagir...grande désillusion.
Quant à en parler à mon patron...et bien, le problème c'est qu'il est du même genre. Je travaille en extra comme serveuse dans une pizzeria, et ce n'est pas une assez grande société pour avoir un syndicat. Pour vous donner un exemple, un soir cet été, un client venu commander à emporter me demande "Une fellation, grand modèle", ce à quoi mon boss répond "et une petite sodomie pour le dessert ? Ne mens pas, on sait tous que tu adores ça". Ça l'amuse également beaucoup, quand les extra hommes se baissent pour chercher un truc dans les placards, de leur prendre la tête et de mimer une pipe...c'est à lui que je dois les réflexions sur mon manque d'humour...
J'ai pris mon courage à deux mains et j'en ai parlé à mes parents ; mon père était si furieux qu'il était au bord du génocide. Je ne pouvais pas mar