Bonjour bonjour ! Je voulais revenir sur le sujet du travail du sexe.
Je suis contente que tu nous aies fait partager ça
@Padidé . C'était vraiment très intéressant et ça donnait matière à réflexion.

C'est vrai que le travail du sexe est problématique - mais en fait, il l'est parce que la société est problématique et sexiste. Je m'explique. Tu dis que certes, les strip-teaseuses sont "empowered" mais que c'est dommage parce que ça pérénise une vision de la femme comme "objet". Peut-être ? Je ne sais pas si je suis d'accord. Mais je pense que c'est à elles de voir ça et de le ressentir comme elles le veulent, et pas à nous de le leur dire, parce que sinon je trouve que ça peut vite virer au slut-shaming (désolée j'ai beaucoup les expressions en anglais

)

Je veux dire que ce ne sont pas les seules à se jouer des principes du patriarcat, mais personne ne penserait à dire que les clips de, par exemple, Niki Minaj, ou d'autres chanteuses comme elle, sont intrinsèquement mauvais parce que clairement elle vend du sexe (même si c'est sûr que pour le coup, elle ne vend pas "que" ça). Mais le patriarcat et la société sexiste est partout. Que les strip-teaseuses trouvent leur compte dans un monde qui, à la base, n'était pas fait pour ça, je trouve ça plutôt chouette au contraire.
Après, pour ce qui est de la prostitution, c'est un cas plus compliqué. Mais pareil. Je pense qu'à la base, ce n'est pas un travail "intrinsèquement mauvais", qu'il ne l'est que parce que 1) on vit dans une société sexiste misogyne où les femmes sont traitées comme des objets 2) les prostituées souffrent d'un grand stigma qui fait que le viol dans leur communauté est considéré comme "normal" et qu'elles n'ont aucune protection de la société et 3) parce que la société a de gros problèmes avec les violences sexuelles en général et que apparemment, la prostitution devient la """solution""" de recours pour les victimes d'abus qui n'ont pas pu être écoutées/soignées et qui ont des problèmes d'argent. Le problème de la pauvreté est aussi à prendre en compte. Après, je pense que la prostitution peut être un choix - même si dans les faits ce n'est pas souvent le cas - et que dans tous les cas (je suis peut-être pessimiste) mais la prostitution ne va pas partir du jour au lendemain, et que même si on est très sévères à ce niveau, ça ne va faire que mettre les prostituées encore plus en danger parce qu'incapable d'appeler à l'aide. Je pense que le plus important, en fait, c'est de punir les abus, de protéger les femmes qui sont dans cette industrie, de leur donner les moyens d'en sortir sans les stigmatiser. Mais oui, surtout de leur donner les moyens et le pouvoir de refuser des clients si elles n'en veulent pas, de refuser des actes particuliers dans les situations qu'elles veulent, et tout ça ça part d'une déstigmatation du travail du sexe (et, aussi, d'une "déromanticisation" du travail du sexe également). Si on donne à une prostituée les moyens de se défendre, d'être reconnue comme un être humain dont le consentement est conditionnel et pas absolu de par son simple métier, déjà, sa vie ira beaucoup mieux.
Enfin voilà, je me trompe peut-être, mais je ne pense pas que la situation soit aussi simple que "la prostitution doit être abolie". Parce qu'en plus ça nie aussi les femmes (ou les hommes) qui, par choix, décident de faire payer pour du sexe, juste parce que ça leur plait et parce que c'est leur corps, elles font comme elles veulent. Même si dans l'absolu apparemment ce cas est très minoritaire.
Mais il faudrait que je me renseigne plus sur le sujet.
