@Rocksteady J'ai pas l'impression qu'avoir des points d'accord avec les féministes suffisent à faire de soi quelqu'un de féministe. Ou alors ce mot ne veut plus rien dire. x)
Imaginons, je considère que les femmes peuvent faire le même travail que les hommes, qualitativement, et méritent donc un salaire équivalent (idée féministe) mais je pense que le harcèlement de rue n'est qu'une invention parce que les femmes sont toutes des chaudasses qui veulent qu'on les fourre entre deux poubelles (idée pas féministe)... Je suis quoi ?

Parce qu'au final, j'ai une conception de la femme qui est assez stéréotypée, misogyne et stigmatisante dans un cas, alors que dans l'autre je vois une égalité homme-femme possible.
Et si on pense la première idée mais qu'on ne se considère pas féministe, peut-être bien qu'on ne l'est pas et qu'on a de bonnes raisons de ne pas se considérer comme tel. Une pensée n'est pas le reflet de toutes les autres.
Bon, sinon... Merci, je sais qu'un personnage n'a pas d'opinions.

Cela dit, un personnage, s'il est cohérent (et donc hors mythologie, où la cohérence n'est pas de mise du fait des évolutions successives et des mains plurielles qui ont pondu les mythes), a été pensé avec des opinions. Certes, elles n'existent pas dans la réalité, mais elles existent dans sa réalité. Un personnage, sauf s'il est pensé pour ne pas être cohérent ou si l'esprit humain qui l'a conçu fait une erreur, est normalement construit avec une logique qui lui est propre. En cela, si, on peut lui trouver des opinions. Et celles-ci n'auront pas la même valeur si on l'insère dans notre glorieux XXIe siècle, ou s'il sort du Ier siècle avant J.-C.
Je pense surtout à la cohérence avec l'époque d'où viennent ces mythes, à la cohérence avec le sentiment que l'on voulait exprimer. Faire qu'une déesse se bat avec un dieu, une héroïne avec un homme, etc. n'avait pas forcément volonté d'exprimer quelque chose de féministe à l'époque où cela a été créé. Et même si on se retrouve avec une femme forte, qui fait des choses d'hommes et qui est inspirante aujourd'hui, cela ne veut pas dire qu'elle l'est parce que les femmes sont considérées comme capables de faire aussi bien que les hommes. Ça peut juste être parce qu'on met dans ses capacités héroïques un pouvoir de plus : celui de faire mieux que ce que les femmes font. Ce ne sont pas des représentants des femmes, qui montrent que les femmes ,individuellement, sont aussi incroyables que les hommes, ce sont des cas particuliers qu'on a dopé avant avec des facultés divines, des pouvoirs exceptionnelles et des facultés humaines qui dépassent celles des véritables êtres humains.
Après, oui, ça pourrait être fait pour mettre en valeur les femmes et le fait qu'elles soient égales aux hommes. Mais il serait assez hasardeux de voir en les quelques caractéristiques de ces récits antiques et évolutifs les preuves de cela sans tomber dans des affirmations sans fonds. Vous voyez ce que je veux dire ?
@PousseMoussue (je suis désolée, je lis PousseMorue à chaque fois, ça me perturbe et ça me plonge dans un contexte d'accouchement un peu chelou

) C'est justement parce que je ne savais pas si vous les disiez féministes parce qu'elles le seraient ou parce qu'elles représentent des valeurs feministes actuelles que je posais la question. Du coup, je n'ai vraiment rien contre le fait de prendre un personnage qui botte le cul de "Thor, le dieu du tonnerre, un des principaux dieux du panthéon nordique, que personne n'a jamais réussi à défaire" (je n'oublie rien comme ça

) comme exemple de femme forte qui casse les codes genrés, inspirante pour les femmes d'aujourd'hui. Juste que de là à prouver que ces mythes ont été composés/rapportés dans le but de mettre en valeur LES femmes, et d'être féministe, il y a un monde.
Au début, c'était vraiment juste une question sur ce que vous vouliez dire par personnage féministe, rien de plus.
Le fait est qu'un personnage féminin badass, et même plus forte qu'un homme, ne veut pas dire qu'on a pensé sa force et ses actions pour mettre en valeur la femme (et donc que c'est pour son genre qu'on a donné cette tournure, dans un but politique évident), ni qu'on ne pense pas dans le même temps que les femmes (celles qui ne sont pas "dopées", pour reprendre ce terme, et celles qui n'ont pas des attributs masculins valorisables, qui font que quiconque a la capacité de se conduire comme un homme serait forcément meilleur que ceux qui n'y parviennent pas) sont inférieures aux hommes.
C'est complexe d'expliquer ce que je veux, c'est assez abstrait.