En fait je comparais avec les gens qui souhaitent justement, sans officiellement virer la lettre B, marginaliser les personnes bi en couple "hétéro".
C'est un courant pas mal répandu en fait, avec l'idée sous jacente qu'un bon bi est un bi "gay". Que les autres devraient quitter la communauté.
C'est un peu pareil avec l'asexualité, si l'on part du principe qu'on inclut les ace dans le "+" de lgbt+.
Il y aurait les "bons" ace (les homos, bi, pan...) et les mauvais (les het) (et les aros aussi, souvent..). Alors qu'iels sont tous.tes asexuel.les.
D'où ma comparaison
Je ne vois pas en quoi l'existence de la biphobie amènerait automatiquement à inclure les aces hétéroromantiques dans les LGBT+ en fait, pour moi il ne s'agit pas de dire si un ace est un "bon" ace ou pas (

) mais s'ils font parti des LGBT+ en étant hétéroromantiques.
Mon opinion sur ce sujet est que non, les aces hétéroromantiques ne font pas parti des LGBT+, pour les raisons que j'ai esquissé dans mon précédent post et que je développe dans celui-ci plus bas.
Alors que la bisexualité est par nature même non-normative, quel que soit le partenaire actuel de la personne.
Je ne comprends pas ce que tu entends par "non-normatif": en dehors de la norme? Les homos le sont aussi, vu que notre société reste hétérosexiste malgré les avancées.
A moins que tu veuilles dire qu'une attirance "figée" pour un seul genre est "normatif"?
J'ai lu plusieurs témoignages de gens queer et lgbt+ (et non ace) qui expliquaient que les ace étaient au sein des mouvements depuis un moment en fait, pas forcément sous le terme asexuel.les, mais par exemple sous l'identité bi (quand on te dit que tu es soit homo soit hétéro et qu'en fait tu es aucun des deux, tu vas chez les bi).
[...]
Mais du coup je me demande. Quelles sont les spécificités qui unifient les LGBT+ ? J'ai l'impression que c'est difficile à établir, en tout cas je suis pas sûre d'avoir une vraie réponse
D'après moi il y a historiquement des spécificités au niveau de la loi, au niveau des droits, au niveau du regard de la société, qui font que les lesbiennes, les gays, les bis/pans et les personnes trans et non-binaires sont liés au sein d'une communauté (je parle pour l'Occident), spécificités qui ne concernent pas / n'ont pas concernés les aces cis et hétéroromantiques.
Concernant la loi, aux États-Unis l'un des premiers exemples des luttes LGBT ce sont les émeutes de Stonewall:
l'article wiki sur le sujet pose le contexte, fait de répressions policières appuyées par la loi, touchant surtout les hommes gays et bis ainsi que les femmes trans: interdiction de danser entre hommes, de s'habiller avec les vêtements "traditionnels" du genre opposé à celui auquel on a été assigné à la naissance, etc. (je me demande aussi dans quelles proportions les lois anti-sodomie dans certains états des États-Unis auraient été utilisé spécifiquement contre les gays). Au Royaume-Uni les relations sexuelles entre hommes ont été très longtemps pénalisées, avec des exemples célèbres: Oscar Wilde et ses deux ans de travaux forcés en prison à la fin XIXème siècle, Alan Turing qui "choisit" la castration chimique plutôt que la prison en 1952 (là encore je renvoie vers wiki,
l'histoire des droits LGBT au Royaume-Uni fait froid dans le dos). En France par exemple il y a eu le combat pour la dépénalisation des rapports homosexuels entre un.e mineur.e de plus de 15 ans et un.e adulte (autorisé pour les relations hétéros mais pas pour les homos).
Et sinon bien plus récemment l'avancée importante niveau égalité des droits LGBT c'est bien sûr l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.
Quand je parle de communauté ce n'est pas forcément voulu par les concernés je pense: j'ai l'impression de plagier Sartre et Fanon (

) mais je pense que ce qui fait qu'on est "LGBT" c'est aussi le regard des cis hétéros, ceux qui sont dans la norme, c'est le regard des LGBTphobe (avec l'idée qu'un hétéro n'est pas "vu" comme hétéro par un autre hétéro, une personne cis n'est pas vue comme cis, c'est la norme, elle ne se définit pas).
Ce qui explique aussi je pense, le fait que les personnes trans (identité de genre) et les personnes homo-bi-pan-sexuelles (orientation sexuelle / romantique) soient dans une même "communauté" LGBT bien que l'orientation sexuelle et l'identité de genre ce n'est pas du tout la même chose: les personnes transphobes (de l'époque comme de maintenant

) vont souvent considérer les femmes trans non pas comme des femmes mais comme des hommes gays efféminés, et les hommes trans non pas comme des hommes mais comme des femmes lesbiennes butch. L'homophobie étant d'ailleurs bien souvent plus forte / répandue contre les personnes qui sortent des normes de genre hétérosexistes au niveau de l'apparence / des comportements genrés (hommes efféminés, femmes butch mais aussi du coup personnes trans, vues par les LGBTphobe comme appartenant à leur genre assigné à la naissance) que contre les personnes homos / bi "qui ont l'air hétéro" (dans l'esprit des LGBTphobes / des gens pétris de clichés hétérosexistes).
Le regard de la société sur l'homosexualité / la bisexualité (très souvent vue à travers le prisme de la sexualité, et pas dans un sens positif), idem pour les transidentités, ne me semble du coup pas du tout être le même que celui sur l'asexualité et l'aromantisme (je vais pas trop m'étendre sur ce genre de regard mais là tout de suite je pense au dégout

). Ça ne veut pas dire que l'asexualité et l'aromantisme sont bien vus, ni que les clichés associés ne sont pas oppressifs, mais ils sont juste en bonne partie pas les mêmes. Même si oui il y a quelques points communs, comme l’invisibilisation, la négation de son identité, etc, effectivement là ça recoupe pas mal avec les personnes bi.e.s, mais comme avec d'autres groupes oppressés, pour moi l'histoire, la question des droits, le regard de la société, etc, fait qu'on ne peut pas inclure les aces cis hétéroromantiques dans les LGBT+.
Là c'est tout ce qui me vient sur le moment (et c'est déjà un petit pavé) mais je pense que je peux trouver d'autres exemples de cette "histoire commune" liée à des luttes communes si je creuse un peu.