C'est horrible je ne viens ici que quand ça ne va pas.... Pardon d'avance
J'ai eu une rentrée vraiment dure à cause d'un énorme clash avec deux élèves de 3ème hier, en dernière heure. Ils m'ont reproché de les punir à tord (alors que je suis sûre qu'ils étaient responsables de l'incident en question). Un m'a tutoyée, l'autre s'est montré très violent dans ses gestes (à pousser les tables et les chaises) en me traitant de "mytho". C'est une classe dont un petit groupe d'élève est tout le temps dans la contestation mais là ça a dépassé toute limite du raisonnable, du respect et de mes limites à moi. J'ai été hyper froide et forte dur le moment mais j'ai peur que tout s'effondre s'ils sentent une faille en moi.
Donc voilà, après ça j'ai eu la première grosse remise en question de cette année (ça m'était arrivé bien plus souvent l'année dernière, lors de mon année de stage). Mais là c'était sérieux.
Ce qui me tue ce sont les conditions tout autour : je n'en peux plus d'être loin de chez moi et de ne pouvoir voir mon copain et mes amis que le weekend quand je rentre, j'en ai ras le bol de me taper les aller-retours entre mes deux collège REP+ pour faire une heure avec l'un, une heure avec l'autre et revenir au premier dans une même journée, j'en ai ras le *** de ma direction qui, comme elle me voit la moitié du temps, pense que je suis à temps partiel, je n'en peux plus de ces heures d'AP de **** qu'on m'a collé (5h par semaine!) alors que ces élèves que j'ai en groupe ce ne sont pas les miens que j'ai en classe entière (et donc qu'il m'est difficile de les suivre correctement), j'en peux plus d'être dans une ville où je ne connais quasiment personne et dans laquelle il m'est difficile de tisser des liens avec mes collègues puisqu'ils me voient toujours passer en coup de vent (ils le disent eux-mêmes), j'en ras le *** de ces réunions de ***** pour cette réforme de ***** (même si j'aime certains points de cette réforme là je trouve vraiment qu'on est comme des abeilles qui agitent leurs ailes pour rien) et SURTOUT je n'ai pas envie d'attendre désespérément d'avoir une mutation ou un poste fixe (enfin je préfère mille fois une mutation) en ayant l'impression de perdre mes années (en dehors des cours bien sûr, je parle de ma vie perso). J'ai l'impression de passer mes semaines dans un bocal, hormis mes classes et mes cours je n'ai rien ici et je suis souvent tellement absorbée par mes cours et mes préparations que je n'ai pas vraiment l'énergie de vouloir rencontrer du monde à tout prix...
Bref, hier après l'incident en question c'était la goutte d'eau, j'ai passé la nuit à pleurer en me disant que ce métier me demandait trop émotionnellement parlant et en regardant les CAP ébénisterie en me disant que j'allais faire ça, partir dans un chalet au fin fond du monde et polir des meubles en bois. C'est ridicule

Et on sort à peine des vacances
Bref, il faut que je me calme (et le pire c'est que j'en plaisante alors que c'est une vraie souffrance) sinon je ne vais pas finir l'année. Je me dis que parfois je vois trop ce métier comme un sacrifice et que ce n'est pas bon, mais bordel, c'est dur des fois, c'est un tel ascenseur émotionnel : des hauts tellement hauts, des cours géniaux, des victoires d'élèves si savoureuses, ces regards qui montrent que ça y est on a gagné leur confiance.... et des bas tellement bas.....
Je me demande si on vit des trucs pareils dans d'autres boulots. Mon père me dit que oui...

Après, c'est peut-être parce que c'est le début..