Je réalise de plus en plus le poids de l'homophobie intériorisée et déguisée. Ça va paraître un peu stupide, mais je me suis toujours dit que je ne voyais pas pourquoi je refoulerai mon homosexualité, vu que je sais que c'est une orientation sexuelle valable, que j'avais un entourage ouvert, etc. Au point que quand une de mes meilleures copines s'est découverte lesbienne et s'est torturée l'esprit à base de "les gens ne vont plus m'aimer" "j'ai l'impression d'être un monstre", je l'ai rassuré comme je pouvais tout en ne comprenant pas comment elle pouvait penser des choses pareilles dans la société dans laquelle on vit, avec les gens qu'on côtoie ... Et maintenant que j'ai couché avec une fille, dont je suis amoureuse depuis des années (et je pense que le fait de le refouler très longtemps, de n'en parler à personne, était quand même un peu lié au fait que c'était une fille et pas seulement à ma personnalité), j'ai envie d'en parler aux gens pour avoir des conseils, mais je ne me vois pas en parler avec deux de mes amies proches, parce que j'ai peur que ça change des choses entre nous. Elles sont pas hyper tolérantes tout en l'étant, enfin c'est étrange. On dort souvent ensemble, on se fait des câlins, j'ai peur qu'elles se disent qu'il y a une ambiguité maintenant (alors que non), qu'elles me regardent différemment.
Ma mère, quand je lui ai avoué vu que ça n'allait pas du tout, a seulement dit "mais non, tu pense que tu es amoureuse d'elle, mais tu te l'imagine seulement"
et "mais tu crois que tu aime les filles ??!" comme si c'était la seule chose importante. Celle de ma pote (qui s'est découvert lesbienne il y a quelques mois, donc) lui a dit que ce n'était qu'une phase, qu'elle imaginait des choses. Au point que ma pote sort maintenant avec un mec "parce que c'est plus facile et que je peux le présenter à ma famille". Quand à la fille dont je suis amoureuse, elle m'a jeté assez violemment, ce qu'elle a fait avec toutes les filles avec qui il s'est passé un truc. Un jour elle m'a raconté que pour sa mère, qu'elle aime les filles était une sorte de honte.
Alors oui, il y a des cas d'homophobie plus graves, mais toutes ces violences ordinaires, je les vois dans leur pleine mesure à présent, et je vois combien ça influence nos parcours personnels, nous bride, nous donne l'impression qu'on se trompe, qu'on imagine, qu'on ne sait pas vraiment ce qu'on ressent.
En ce sens, je pensais à un livre sur l'histoire de l'homosexualité féminine que j'ai lu il n' y a pas longtemps, et ils disaient que l'homosexualité féminine a toujours été plus "facile" à vivre secrètement pour les concernées, parce qu'il est accepté qu'entre femmes on s'envoie des lettres passionnées, on s'embrasse, on dorme ensemble, on soit très proches ... mais l'effet négatif c'est ce déni total de l’ambiguïté sous le couvert de l'amitié. Et, dans mon histoire comme celle de filles que je connais, je trouve que cette Histoire de l'homosexualité féminine se répercute encore aujourd'hui dans ce genre d'amitié totalement ambiguë mais jamais avouée, que tout le monde s'emploie à nier ("non mais c'est juste que tu confonds, c'est juste ta meilleure amie") et qui peut être extrêmement dure à vivre. Je me souviens que je ne comprenais pas pourquoi j'étais jalouse comme ça, je me disais que j'étais une mauvaise amie, tout en sachant indiciblement que c'était parce que j'étais amoureuse. Et maintenant quand je relis mes journaux intimes, j'ai envie de serrer cette Lenehän de 18 ans dans mes bras et de lui dire "tout va bien, ce que tu ressens est valide, tu es juste amoureuse, il n'y rien à te reprocher."
Hier avec mon amie, on parlait de vacances qu'on a fait ensemble il y a un an et demi, et où elle m'avait demandé si je pensais être attirée par les filles. J'avais dit "non pas du tout, ah non vraiment pas" et elle aussi, et comme on en reparlait je lui ai dit que ma seule pensée à ce moment-là c'était " elle sait, oh non elle sait, dit vite quelque chose" et elle m'a avoué qu'elle aussi
C'est à la fois drôle et triste.
Oui c'était le post biographique, désolé
Ma mère, quand je lui ai avoué vu que ça n'allait pas du tout, a seulement dit "mais non, tu pense que tu es amoureuse d'elle, mais tu te l'imagine seulement"
et "mais tu crois que tu aime les filles ??!" comme si c'était la seule chose importante. Celle de ma pote (qui s'est découvert lesbienne il y a quelques mois, donc) lui a dit que ce n'était qu'une phase, qu'elle imaginait des choses. Au point que ma pote sort maintenant avec un mec "parce que c'est plus facile et que je peux le présenter à ma famille". Quand à la fille dont je suis amoureuse, elle m'a jeté assez violemment, ce qu'elle a fait avec toutes les filles avec qui il s'est passé un truc. Un jour elle m'a raconté que pour sa mère, qu'elle aime les filles était une sorte de honte.Alors oui, il y a des cas d'homophobie plus graves, mais toutes ces violences ordinaires, je les vois dans leur pleine mesure à présent, et je vois combien ça influence nos parcours personnels, nous bride, nous donne l'impression qu'on se trompe, qu'on imagine, qu'on ne sait pas vraiment ce qu'on ressent.
En ce sens, je pensais à un livre sur l'histoire de l'homosexualité féminine que j'ai lu il n' y a pas longtemps, et ils disaient que l'homosexualité féminine a toujours été plus "facile" à vivre secrètement pour les concernées, parce qu'il est accepté qu'entre femmes on s'envoie des lettres passionnées, on s'embrasse, on dorme ensemble, on soit très proches ... mais l'effet négatif c'est ce déni total de l’ambiguïté sous le couvert de l'amitié. Et, dans mon histoire comme celle de filles que je connais, je trouve que cette Histoire de l'homosexualité féminine se répercute encore aujourd'hui dans ce genre d'amitié totalement ambiguë mais jamais avouée, que tout le monde s'emploie à nier ("non mais c'est juste que tu confonds, c'est juste ta meilleure amie") et qui peut être extrêmement dure à vivre. Je me souviens que je ne comprenais pas pourquoi j'étais jalouse comme ça, je me disais que j'étais une mauvaise amie, tout en sachant indiciblement que c'était parce que j'étais amoureuse. Et maintenant quand je relis mes journaux intimes, j'ai envie de serrer cette Lenehän de 18 ans dans mes bras et de lui dire "tout va bien, ce que tu ressens est valide, tu es juste amoureuse, il n'y rien à te reprocher."
Hier avec mon amie, on parlait de vacances qu'on a fait ensemble il y a un an et demi, et où elle m'avait demandé si je pensais être attirée par les filles. J'avais dit "non pas du tout, ah non vraiment pas" et elle aussi, et comme on en reparlait je lui ai dit que ma seule pensée à ce moment-là c'était " elle sait, oh non elle sait, dit vite quelque chose" et elle m'a avoué qu'elle aussi

C'est à la fois drôle et triste.
Oui c'était le post biographique, désolé

J'ai finalement fait un coming-out bi auprès de mes potes qui à mon grand désespoir m'ont tous dit que j'étais lesbienne. C'était dur de ne pas être prise au sérieux et encore plus sachant que j'étais sous le charme de mon meilleur pote. Bref, depuis, chaque fois que j'évoquais mon orientation je trouvais moins dangereux de me dire homo.
)



). Bah j'en ai déjà visité trois ou quatre, et tous proposent d'être un homme ou une femme qui aime les hommes OU les femmes, ou non inclusif.

