Pleins de bisous les madz.
Je viens vous donner des nouvelles du refugiée. Je suis allée à l'hopital ce matin, et j'ai rencontré la médecin qui a amené l'homme au conseil general, au service des mineurs isolé.es. Je suis passé cherché des conneries a manger et à boire pour lui amener, et je me suis rendue au conseil general ou on a fouillé mon sac et on a du me faire passer par un portique de sécurité, pour ensuite me fouiller. Je m'y habituerai jamais, mais bon, il le faut.
En entrant une femme m'a amené vers le service, et en entrant dans la salle j'ai vu une vingtaine de jeunes hommes, des noirs, des asiatiques, des sud-americains, des arabes, tous ici, seuls, affamés et vivant dans la rue. Des jeunes hommes de 12 ans ( 12 ans quoi merde) à 16 ans, perdus, qui fuient leur pays . Celui que j'ai aidé hier soir s'est levé, est venu vers moi et j'ai su rien dire. Les femmes qui s'en occupe on discuté avec moi en m'expliquant un peu, j'étais tellement genée devant lui, je baissais les yeux tellement je me sens petite et inutile face à lui, à eux. Je lui ai donné ce que lui ai apporté, et les femmes m"ont demandé de partir. Tout ce que je sais c'est que lui et un autre vont aller à l'hotel ce soir, et je ne sais pas il y resteront combien de temps, mais j'ai vu que j'embete les assistantes sociales qui s'en occupait donc j'ai pas osé poser plus de questions. J'suis qu'une nana de 18 ans qui se prend tout sur la gueule en même temps, j'ai pas su gerer et m'imposer.
Je ne sais toujours pas son nom, je ne le retrouverai pas, mais j'ai très peur pour les autres maintenant.