@calliopeonyx : Pour les gens de l'Europe de l'Est j'arrive parfois à le voir. Parfois.

C'est une analyse intéressante, surtout si elle revendique le fait qu'elle a fait ça par "mimétisme historique", en gros elle créé une mise à distance parce que l'esclavage-c'est-du-passé-donc-on-peut-parler-comme-dans-le-passé.Je me trompe peut être, mais je vois un autre aspect dans l'utilisation du mot "nègre" par Mme Rossignol. Pour moi lorsqu'elle parle des "esclaves nègres", elle renvoie à la justification de l'esclavage, le nègre étant une classe particulière d'humains, moins humain que les autres. Parler d'esclaves noir-e-s aurait permis de faire le lien entre le passé et le présent, quand "esclave nègre" maintient à distance l'esclavage comme quelque chose d'un autre temps, dont les victimes et les mécanismes seraient entièrement obsolètes.
Oui et si elle s'est plantée et pensait plutôt au bouquin de Condorcet, ça reste très ironique étant donné qu'il écrit tout un chapitre pour démontrer que contrairement aux affirmations esclavagistes, les premiers responsables de l'esclavage sont les Européens et non les Africains. Du coup se défendre par une référence abolitionniste de parler des "nègres complices" est du gros foutage de gueule.@MorganeGirly exact, le chapitre sur l'esclavage fait partie d'un tout qui est De l'esprit des lois. D'ailleurs c'est marrant qu'elle cité ce texte vu qu'il me semble que c'est un texte qui est considéré comme l'exemple même de l'antiphrase ? Enfin bon je trouve ça marrant de citer ce texte vu le contexte (je sais pas pourquoi).
(il faut vraiment que je lise un peu plus de Condorcet que les textes qu'on lit en philosophie parce qu'à lui tout seul il m'a l'air de rattraper l'ensemble des mecs blancs cis)
Oui je suis d'accord. Je suis surprise de voir que le mot "nègre" éclipse quasiment l'aspect sexiste et islamophobe de ses propos. Je crois que j'ai même lu un article américain qui trouve bien dommage qu'elle ait dit nègre car "ses paroles étaient plein de bon sens" et autant les commentaires des différents articles n'ont pas l'air de trop contester le fait que dire nègre est problématique, autant TOUS les commentaires soutiennent son islamophobie.Et aussi, on est tous d'accord pour dire que ce mot est une insulte hyper violente dans la bouche d'une ministre blanche (D'ailleurs Christiane où es tu?) mais je trouve qu'on oublie quand même beaucoup l'islamophobie de ces propos et ça me gonfle prodigieusement. La negrophobie est indéniable et évidemment il faut la combattre mais n'oublions pas ces femmes sur lesquelles la terre entière frappe avec une violence sans nom. On est tous dans la même merde.
Wow je viens de tomber sur l'édito en version anglaise (je n'avais pas lu l'édito et la VF n'est pas dispo en version gratuite) et le style original ainsi que l'intégralité du contenu sont encore plus glaçants que le résumé dont tu as posté un extrait! En fait, je trouve ça effrayant parce qu'il y a un ton très "je suis un pacifiste qui ne veut de mal à personne" mais qui en même fait des parallèle plus ou moins sous-entendus et fait monter la tension d'une menace invisible, graduelle du grand remplacement copain du terrorisme.Ah et ça vient de Riss, dans son édito de mercredi, hein, pas de LePen, Zemmour ou deVilliers. L'esprit Charlie, sûrement ! "Tout est pardonné" qu'ils disaient ... ça n'aura pas dûré longtemps.
http://www.franceinter.fr/emission-...er-detre-femme-de-et-dexpliquer-le-terrorisme