Ramya
C'est sur les deux qu'il faut agir. Pas seulement sur la conséquences, mais aussi sur la cause. Ca me parait un peu vain de n'agir que sur la conséquences. Quand on guérit un mal, on cherche avant tout à guérir la cause, et pas seulement les conséquences, en partant du principe que si l'on guérit la cause, les conséquences s'effaceront d'elles-même, s'amenuiseront jusqu'à disparaitre. C'est ce qui me semble logique. Je sais tout ce que tu dis, et je crois que les deux causes que tu cites sont acceptables selon les circonstances. Dans certains métiers, on ne tolère pas les femmes, car on les croit trop faibles, que ça soit physiquement ou psychologiquement, souvent à tort, puisque beaucoup de professionnels qui ont fréquenté des femmes dans leur métier "d'hommes" ont fini par reconnaitre que ces femmes sont tout aussi efficaces qu'eux. Mais une fois de plus, c'est très dur pour un individu de reconnaitre qu'il avait tort. D'autre part, on reproche aux femmes d'être moins impliquées dans leur travail, parce qu'elles peuvent avoir un jour des enfants, tomber enceintes et abandonner leur poste pendant quelques mois durant lesquels il faudra leur trouver un remplaçant, sans parler du fait qu'elles peuvent être appelées par l'école pour aller chercher leur enfant malade, du fait qu'elles sont perçues comme étant trop sensibles, etc. Ce n'est pas mon avis, c'est ce qu'on apprend à a fois en ES et en psychologie, donc je connais un minimum le sujet, du moins d'un point de vue scientifique. Je ne dis pas ce que je pense, je dis ce que j'observe, ça ne veut pas dire que c'est ce qui est vrai, ou ce qui est normal. Je ne hiérarchise pas, je dis simplement que concernant cette mesure sur le "mademoiselle", ça ne me paraissait pas le plus urgent. Après, évidemment, un petit pas + un petit pas + un petit pas = un grand pas, et il faut voir à long terme. Mais il n'empêche que j'ai le sentiment que c'était beaucoup d'efforts pour très peu de choses, et que plus de femmes auraient du être consultées, qu'il aurait été utile D'EXPLIQUER le pourquoi du comment à des femmes qui ne se sont jamais demandé POURQUOI il était sexiste d'être appelées mademoiselle. C'est quelque chose que j'ai du mal à accepter quand je vois ton commentaire : je l'ai dit, j'ai toujours vécu dans un entourage où être une femme n'a jamais été un problème pour moi, où je n'ai jamais réellement souffert d'être une femme, tout en trouvant totalement anormal que des femmes soient perçues inférieures à des hommes parce qu'elles sont des femmes. Quand je lis ta réaction, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une nana qui feint une réaction outrée parce que ça fait cool et parce que sinon je risque de me faire huer. Non, bah non. Je suis venue sur ce sujet pour avoir quelques explications, quelques éclaircissements sur un thème qui m'intéresse mais sur lequel je n'en sais pas assez. Donc dire que je minore, que je fains, je trouve ça assez insultant, ou, pour ne pas exagerer, vexant.
Ce que j'ai donné était un exemple, ce n'était pas supposé être une scène réellement observée, c'était une façon d'illustrer mon propos. Prendre tout au premier degré sous prétexte que tu t'y connais plus que moi dans ce domaine ne va certainement pas amener à une personne quelle qu'elle soit d'en savoir plus et de discuter. Non évidemment que tout le monde ne va pas crier au sexisme, et évidemment que tout le monde ne va pas crier au racisme dans une telle situation (toutes mes excuses, d'ailleurs, à toi,
Mirmotte, mon propos était exagéré et le "beaucoup plus rares" était injuste, et faux, je le reconnais). Quand je parle de se remettre en question, je ne dis pas que ça concerne tout le monde, mais uniquement les personnes qui ont ce problème, cette difficulté à faire la différence entre la discrimination et la non-discrimination. Les compétences des hommes n'ont rien à voir avec leur poste, et leur réussite meilleure que celle des femmes : ils ne réussissent mieux que parce qu'ils ont des supposées qualités psychologiques (et parfois physiques); qui les rendent prétendument plus capables.
Je n'ai jamais dit que se faire appeler "Mademoiselle" était joli, tu fais passer mes propos pour des pensées complètement matérialistes basées sur l'apparence, mais c'est loin d'être le cas. Une fois encore, je dis que c'est un problème qui n'en a jamais été un pour moi, et où, au lieu de me prendre dans la face une décision de justice que je ne comprenais pas, qui n'a pas été expliquée comme elle l'aurait du -j'ai peut-être loupé les explications, je ne sais pas- j'aurais voulu justement qu'on me laisse la possibilité de comprendre ça. J'ai ma part de responsabilité, les médias aussi, mais je reproche quand même ce ton un peu condescendant que je sens depuis tout à l'heure. Je suis susceptible, donc je prends peut-être pour de la condescendance ce qui n'en est pas, mais je crois qu'expliquer les choses peut être fait sur un autre ton.
Et ce que tu dis sur les mentalités que l'on change avant de changer les lois, c'est un peu ce que je dis depuis le début. Changer les lois n'a rien à voir avec changer les mentalités, c'est pourquoi je doute beaucoup que supprimer les mademoiselle change les mentalités à partir du moment où ce n'est pas expliqué comme il se doit.
(Si mes propos froissent qui que ce soit, j'en suis désolée, ce n'est pas le but)