@Sweetlight c'est pareil!
@AngelTen Richard II c'est très intéressant comme point de vue. Et il est vrai que, malades ou pas, nous avons tous une perception différente de la réalité.

Ensuite, on peut quand même voir une nette différence entre "normalité" et "folie" (je n'aime pas trop ce terme, personnellement).
Par exemple, un schizophrène en période de déréalisation a une perception très particulière de la réalité qui est parasitée par ses hallucinations. Un jeune schizophrène anglophone s'était filmé pendant l'un de ses passages... (TW: la vidéo est très impactante, attention) et on voit bien que son délire lui donne une perception erronée de la réalité (si je peux m'exprimer ainsi).
Ensuite, ça, c'est le cas de la psychose. Dans le cas de la névrose ça peut être moins évident et je vais me servir de moi comme exemple.
J'ai un TAG avec agoraphobie. En apparence, ma perception de la réalité n'est pas plus différente que celle d'un autre, je n'ai pas de délires ou d'épisodes psychotique. Par contre, ce qui va me différencier avec une personne valide mentalement c'est ma perception du danger. Je le vois partout, y compris dans des situations a priori avec un risque infinitésimale. Ex: aller relever le courrier, aller acheter du pain (j'habite une zone piétonne où les rares voitures qui passent roulent à 10km/h car la rue est très étroite), prendre ma douche quand je suis seule chez moi, cuisiner, respirer s'il y a une odeur étrange (promis je ne reste pas en apnée longtemps!)... Toutes ces petites choses en apparence anodines pour beaucoup de gens sont vecteurs d'énormément d'angoisse chez moi (j'essaie de me forcer à les faire quand même mais ça peut être très difficile). Et je pense que c'est ça la grosse différence entre ma perception de la réalité et celle d'une personne "valide": je ne peux m'empêcher de voir le danger potentiel partout et ça a un impact négatif sur ma vie.
Par contre, je me souviens d'une conférence passionnante avec une neurologue reconnue sur le sujet "cerveau et art". Étonnement ou pas, beaucoup de grands artistes étaient touchés par un trouble mental ou neurologique ou bien avait une sensibilité émotionnelle très développée. D'ailleurs, dans mon hôpital psychiatrique, j'ai remarqué qu'une belle part de patients pratiquait un art ou un autre (dessin, musique, écriture...) et ce, quelque soir leur type de trouble.
Il y a un lien parfois, c'est certain. D'ailleurs, je pense que c'est quelque chose qui devrait être plus sérieusement étudié, ce lien entre l'art sous toutes ses formes et la sensibilité des personnes qui le pratique. Je pense qu'il y a beaucoup de chose à apprendre
(J'ai pas répondu à côté de la plaque par hasard

)