Veille permanente psychophobie

25 Juin 2014
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25 Novembre 2013
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Et je trouve que cet exemple est différent de celui des hallucinations dont tu parles, en fait :hesite: une hallucination, c'est percevoir une information qui n'existe pas, non? Si la personne percevait quelque chose qui existe, alors elle n'aurait pas une hallucination mais une capacité à percevoir la réalité de manière différente, ou autre (une meilleure ouïe, une meilleure vue, etc - mes exemples sont "meilleurs" et pas "différents" mais l'idée reste présente je suppose). Délirer, c'est différent de ne pas être d'accord avec la majorité sur l'interprétation de la réalité, je crois bien.
Bah c'est ce que je voulais dire :hesite:. Une hallucination c'est la perception de quelque chose qui n'existe pas, et non une perception différente de la majorité de quelque chose qui existe. C'est une perception sans objet à percevoir.

Il y a différents mécanismes dans le délire, il faudrait que je les retrouve et que je retrouve leur définition exacte : il y a l'hallucination (interne ou externe -et je crois pas que ce soit les bons termes d'ailleurs), l'imagination, l'illusion et l'intuition. Les définitions se basent sur cette idée de perception de la réalité, perception déformée, ou perception sans objet à percevoir.
 
@AprilMayJune oui, c'est plutôt dans ce sens-là que je posais mes questions en fait. Parce qu'en soi, le réel, je ne le perçoit pas de la même manière que beaucoup d'autres personnes (y compris parfois sur des points très basiques) ; je ne vais donc pas vivre dans la même réalité que d'autres. A partir de là, ça devient très compliqué de voir à quel degré on peut dire que quelqu'un est malade. Parce qu'en soi, cette perception du réel, qui induit des comportements particuliers face à lui, est influencée par tout un tas de facteurs : l'humeur, les expériences passées, les traumatismes, des fonctionnements neuronaux différents... Donc à mon sens, la limite entre malade et non-malade est plus à tracer du côté de l'incapacité que ça engendre à pouvoir vivre de manière correcte.
Pour prendre un exemple; tu pourrais avoir une vision du réel totalement différente de cette qui est considérée comme "la norme" sans que ça t'empêche de vivre correctement et sans souffrance. A l'inverse, d'autres visions du réel vont provoquer des comportements qui empêchent de vivre dans ce réel : si tu as des troubles anxieux qui vont jusqu'à t'empêcher de dormir et de sortir de chez toi parce que tu vois tout comme étant un danger (je caricature) alors on peut considérer que ta vision du réel t'handicape beaucoup.

C'est pour cela qu'à mon sens, les troubles psychiques sont plus à examiner du côté de leurs conséquences pour l'évolution du sujet dans le réel que du côté de leur dissonance par rapport à une "réalité" qui est de toute manière une norme imaginaire (on pense que la réalité est quelque chose d'établi, cependant on a aucune preuve que la moyenne des perceptions du réel correspond à cette norme. Pour faire un parallèle, on imagine que la norme de corps des femmes c'est un 38, cependant la moyenne c'est plutôt du 42.) Là c'est pareil sauf que tu n'as aucun moyen de savoir vraiment quelle est cette moyenne, même si cette dernière tend vers la norme (vu qu'on t'apprend que telle vision du réel est la bonne vision, tu vas forcément tendre à voir le réel de cette façon).
 
10 Décembre 2015
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@Lullabye
Bonjour,
Je ne comprends pas bien où est la nuance. Il me semble que mis à part dans une optique d'aide nécessaire au bien-être de la personne ( dépression suicidaire par exemple ou encore shizophrénie de nature à mettre en danger la personne ou à l'exclure socialement), le postulat de base est validiste. Il y a "ce qui est normal" et "ce qui ne l'est pas".
Or, on peut très bien percevoir une réalité différente sans danger pour soi-même ( direct ou indirect ) sans pour autant avoir à se faire dire que sa propre réalité est fausse car rejetté par la majorité.
 
25 Novembre 2013
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Donc à mon sens, la limite entre malade et non-malade est plus à tracer du côté de l'incapacité que ça engendre à pouvoir vivre de manière correcte.
Pour prendre un exemple; tu pourrais avoir une vision du réel totalement différente de cette qui est considérée comme "la norme" sans que ça t'empêche de vivre correctement et sans souffrance. A l'inverse, d'autres visions du réel vont provoquer des comportements qui empêchent de vivre dans ce réel : si tu as des troubles anxieux qui vont jusqu'à t'empêcher de dormir et de sortir de chez toi parce que tu vois tout comme étant un danger (je caricature) alors on peut considérer que ta vision du réel t'handicape beaucoup.

Sauf que c'est le cas en fait. On a plusieurs critères pour évaluer un trouble, dont les critères diagnostiques, mais aussi ce qui est fondamental c'est le degré de souffrance et le degré d'adaptation de la personne (autrement dit l'impact de son trouble sur sa vie selon les domaines). En fait maintenant c'est même un vrai critère diagnostique.
Par exemple, le critère E de la dépression d'après le dernier DSM : "Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants." Pour tous les troubles, il y a ce critère, qui peut être reformulé légèrement différemment, mais c'est cette idée que c'est fondamental qu'il y ai un retentissement dans la vie du sujet, un impact, un problème d'adaptation, qui peut ou non engendré de la souffrance.
En soit, la clinique d'un psychologue ou psychiatre, va rarement s'intéresser à des personnes qui vont bien. Concrètement les gens qui viennent nous voir vont mal d'une façon ou d'une autre, que ce soit conscient ou non, qu'ils viennent d'eux-mêmes, ou qu'ils soient adressés par quelqu'un d'autre (ce qui signifie qu'il y a un problème d'adaptation au moins). Donc finalement, le diagnostique se posera quasiment toujours sur une personne qui valide ce critère de souffrance et/ou d'altération du fonctionnement.

Parce que c'est finalement ça qui fait qu'un trouble est un trouble, ça "trouble" la vie d'une personne. Evidemment que chacun est différent, a une perception différente de la réalité, parce qu'il a été façonné dans un environnement particulier, avec une culture, des valeurs, des personnes etc. Mais toutes ces perceptions sont cohérentes, co-existent ensemble. L'important c'est que chacun puisse réussir à vivre une vie harmonieuse je dirais. On peut avoir un trouble "incurable", comme une schizophrénie, mais pour autant elle est stabilisée, la personne ne souffre pas de ses symptômes, arrive à être adaptée (avoir une vie sociale, avoir un job...).
 
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Réactions : Xylo' et Salpêtre
25 Novembre 2013
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@Lullabye
Bonjour,
Je ne comprends pas bien où est la nuance. Il me semble que mis à part dans une optique d'aide nécessaire au bien-être de la personne ( dépression suicidaire par exemple ou encore shizophrénie de nature à mettre en danger la personne ou à l'exclure socialement), le postulat de base est validiste. Il y a "ce qui est normal" et "ce qui ne l'est pas".
Or, on peut très bien percevoir une réalité différente sans danger pour soi-même ( direct ou indirect ) sans pour autant avoir à se faire dire que sa propre réalité est fausse car rejetté par la majorité.
Je comprends pas ta question. Quelle nuance ? Quel postulat de base ?
 
10 Décembre 2015
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@Lullabye
Je suis d'accord avec @AngelTen Richard II et @AprilMayJune qui s'expriment mieux que moi. J'ajouterais juste ( je diffère peut-être des madz sur ce point ) que par postulat de base, j'entendais la manière de décider ce qui entre dans la norme ou non et par conséquent, la manière de soigner. J'ai trouvé ton explication validiste car c'est sur ces arguments qu'il y a une énorme maltraitance médicale et sociale.
Ce n'est pas une attaque, je souligne juste pourquoi je ne suis pas d'accord avec toi :)
J'ai remarqué que tu as utilisé le "on". Tu es psychiatre ?
 
25 Novembre 2013
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Ce que j'aime pas dans ce débat, et c'est pour ça que je pense que je vais partir, c'est qu'on arrive vite à ses espèces de jugements que je trouve terribles, sur la psychologie, les psychologues, et la psychopathologie. On en revient toujours à cette idée que les psychologues/psychiatres ça met des gens dans des cases, que d'un côté pour eux il y a les gens malades et de l'autres les gens normaux. Que c'est pas bien de poser des diagnostiques, qu'on vient remettre en cause la question de la normalité etc.
Alors que la réalité de ce qu'on nous apprend est différente. La question de la normalité c'est l'un des premiers trucs qu'on aborde. La normalité c'est pas pour nous ce concept dichotomique : les gens normaux vs les gens pas normaux. C'est un concept qui se base sur un continuum, et c'est comme ça qu'on l'aborde et pas autrement. Peut être qu'il y a des cons qui l'abordent autrement, mais on n'est pas sensé faire ses deux cases puisque ça n'a pas de sens.
On est très sensible aux différences intra et inter-individuelles. On se contente pas de voir une personne et de le mettre dans une case. Même si on pose un diagnostique, on sait qu'un diagnostique n'est que le reflet du noyau central d'une maladie si je puis dire, mais qu'autour tout va varier d'une personne à une autre, parce qu'une maladie reste une interaction de plein de facteurs.

Et oui, on pose des diagnostiques, qui sont basées sur des données chiffrées, des observations cliniques, des études. On ne le fait pas simplement pour mettre les gens dans les cases, on le fait parce que ça a une utilité pour le patient (et oui, on ne le fait pas non plus automatiquement...), ou pour nous aider à aider le patient.
Et personne ne va venir questionner les diagnostiques médicaux, mais alors les diagnostiques psychologiquees, oulala, attention quoi, mon dieu on met des gens dans des cases, c'est pas bien, c'est "validiste".
 
@Lullabye je ne parlais pas tant en terme de diagnostic médical qu'en terme de perception sociale en fait =/ J'ai moi-même eu des troubles mineurs - cependant j'essaie de ne pas prendre toute la place, parce que je n'ai pas été trop stigmatisé personnellement, et que j'arrive à vivre avec. Je me doute bien que d'un point de vue médical, c'est la souffrance qui prime. Cependant, d'un point de vue perception sociale, c'est la divergence par rapport à une certaine manière de penser (puis d'agir) que les gens considèrent comme une norme qui va causer la stigmatisation, notamment si cette manière de penser est exprimée.
De plus je pense que si les normes sociales pesaient moins, les personnes qui sont en souffrance ne le seraient pas (je pense notamment aux personnes transgenres en disant cela, qui sont effectivement en souffrance psychiquement pour beaucoup du fait que leur perception du réel - leur identité - et la perception des autres divergent, mais je pense qu'il y aurait bien moins de souffrance si la réalité normalisée n'était pas homme = un certain corps, femme = un certain corps). De même, si l'univers social était adapté, je pense que certaines visions du réel seraient bien plus facile à gérer (par exemple le fait qu'on stigmatise fortement les personnes ayant des difficultés à interagir avec les autres, ce qui provoque de la souffrance chez les personnes dont c'est le cas). Je n'ai pas de noms de troubles psychiques précis en tête et je ne suis pas spécialiste du sujet, cependant j'ai déjà vu la chose se produire et je l'ai déjà expérimentée moi-même, ayant moi-même de grosses difficultés à comprendre certains codes sociaux (je ne détaillerais pas).
 
10 Décembre 2015
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@Lullabye
Si tu dis ça pour mon message, je pense qu'il y a un malentendu.
Je parlais d'un côté du validisme de la médecine, qui est réel et ne signifie pas que tous les médecins sont pareils ( mais nous sommes sur une veille. Je pensais que c'était comme sur la VPS où, lorsqu'on parle des hommes, il n'était pas nécessaire d'ajouter un hashtag notallmen).
De l'autre côté, je te posais la question de ta profession à cause du "on". Ce n'était nullement une manière de t'accuser indirectement de maltraitance. J'ai posé la question sans préjugé. Je suis nouvelle, ça peut arriver de faire une erreur sur les codes du forum.
Par contre, le validisme existe grâce à deux axes qui peuvent se rejoindre: le jugement social et le jugement médical. Il me parait vain de prétendre faire une veille validiste si d'une part on ne peut démonter le mécanisme oppressif de la médecine et si d'autre part, on ne peut se reprendre mutuellement. Je ne prétends pas détenir la vérité mais il arrive à tout le monde de se tromper. Le but des veilles n'est-il pas, par le dialogue, de s'apprendre des choses? Ton propos me semble validiste car fondé sur une lecture uniquement médicale ( et ça n'engage pas ta personne ni tes capacités professionelles. Un point de langage ne définit ni une personne, ni ses actions) Je ne vois pas pourquoi cette veille serait différente des autres sur ce point ( toute nouvelle que je suis, je regarde les veilles de près).
Peut-être me suis-je trompé de veille pour parler de tout ça?
@AprilMayJune
On peut se parler en mp si tu le souhaites.
 
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Réactions : AngelTen Richard II
10 Décembre 2015
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Et personne ne va venir questionner les diagnostiques médicaux, mais alors les diagnostiques psychologiquees, oulala, attention quoi, mon dieu on met des gens dans des cases, c'est pas bien, c'est "validiste".
Les personnes trans, avec raison, remettent en cause les diagnostiques médicaux ET psychologiques.
Que fais-tu sur une veille validiste si tu refuses le concept même de validisme? Je ne t'accuse pas, tu fais ce que tu veux. C'est juste que je ne comprends pas.
 

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