@Morpheme Je suis d'accord avec toi, je trouve ça choquant. Si encore le but était de "dénoncer" quelque chose ou de prendre au piège des acheteurs occidentaux qui n'y connaissent rien en culture chinoise et sont donc prêts à acheter de l'art français sans s'en rendre compte, ça aurait pu passer je trouve. Ou même si l'artiste en tirait une conclusion sur le marché de l'art contemporain, les qualités des experts en art etc.
Mais même s'il met en avant le côté "blague" et même s'il a fait ça en duo avec un galériste chinois, je trouve que c'est un beau déni des différences culturelles qui s'expriment aussi dans l'art.
Dans l'article, une fondatrice de galerie explique : "L'art contemporain est lié à un territoire, la prétendue internationalisation de l'art, ça n'existe pas vraiment" et elle a raison. C'est dommage d'ailleurs que l'article passe sur cette remarque sans la mettre plus en avant car ça me parait être une réflexion clé mais elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe dans le texte. Peut-être que plusieurs collectionneurs achetaient les toiles de ce mec parce qu'ils trouvaient ça intéressant dans un contexte chinois, que ça pouvait révéler des choses sur l'art chinois. Mais le mec a l'air de trouver ça normal de faire comme si les spécificités chinoises n'existaient pas, comme si avoir été éduqué dans la culture artistique française pouvait être "universel".
J'ai lu l'autobiographie d'une artiste contemporaine française, Fabienne Verdier (
Passagère du silence). Cette femme a étudié l'art en France puis en Chine où elle a suivi un lourd apprentissage dans une université chinoise à une période difficile, avec des maitres chinois, où elle parlait chinois. Elle y a passé au final 10 ans avant de se permettre d'utiliser des techniques chinoises et associer en partie son art à un héritage chinois. Ce qu'elle raconte dans son livre, c'est que tout son parcours d'apprentissage en Chine consistait vraiment à s'ouvrir à la philosophie chinoise, à recevoir et écouter, à oublier sa fierté de Française, elle devait prouver à ses maitres qu'elle méritait leur considération pour qu'ils acceptent de la former.
Quand je mets en parallèle avec cet exemple, je trouve ça hyper choquant qu'un mec se permette de se faire passer pour un artiste chinois sans vraiment prendre le temps de s'imbiber de culture chinoise. En plus, il fausse la perception de l'art chinois à l'étranger et on dirait que la seule conclusion qu'elle met en avant par rapport à son expérience c'est que "les Chinois se vendaient plus cher alors je ne pouvais pas me laisser faire". Enfin bref, on dirait qu'il n'a aucun recul sur l'interculturalité.
Et comme tu dis, il ne trouve pas normal que des Chinois valent plus que lui...
Et puis il parle des contrefaçons Vuitton et Prada mais... c'est illégal hein. Donc est-ce qu'on ne peut pas présenter sa fausse identité comme une forme d'arnaque du coup? Parce qu'il était bien conscient qu'il y avait un intérêt financier différent en fonction de la nationalité.