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@Melydo Malheureusement à l'heure actuelle c'est difficilement envisageable de freiner la production de lait. Et la question de l'avenir de l'animal se pose aussi. Est-ce qu'on est dans une logique où l'animal est quand même amené à l'abattoir quand sa production de lait n'est plus assez rentable, ou bien est-ce qu'on le laisse vivre finir ses jours même s'il ne produit plus de lait ?
Sinon je change un peu de sujet mais un des sujets de philo de cette année était "Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ?".
@-poule- J'ai encore des tas de choses à apprendre à ce sujet donc je ne pourrai pas répondre à toutes tes questions. En ce qui concerne le fait d'euthanasier les animaux comme chez le vétérinaire, j'imagine comme toi que les aspects de coût et de productivité jouent beaucoup. Le souci aussi c'est qu'une grande partie (j'avais lu environ la moitié) de la viande qui se retrouve sur les étals en France provient d'un abattage ritualisé, halal ou casher, par égorgement de l'animal (et sans étourdissement auparavant), car pour augmenter leur productivité et éviter les coûts supplémentaires les abattoirs tuent de plus en plus de cette façon, pour ne pas avoir à mettre en place deux façons de tuer l'animal. On ne nous le dit pas mais une partie importante de la viande qui est vendue proviendrait d'un tel abattage, sans étoursissement, ce qui est donc atroce pour l'animal qui souffre énormément. C'est un peu hs par rapport à tes questions mais ça illustre le fait qu'un abattage par euthanasie semble bien utopique au vu de ce qui se fait actuellement...
C'est terrible de peser le pour et le contre du welfarisme et de l'abolitionnisme. En (gros) résumé pour moi c'est soit "laisser les animaux souffrir un max mais qu'ils soient de moins en moins nombreux et qu'un jour ça s'arrête" ou "réduire leur souffrance le plus possible, avec le risque que ça ne s'arrête jamais".
Et ça me tue d'y réfléchir à distance, de manière globale, alors que ce sont des individus qui souffrent et meurent. Un peu comme le sujet des poules : en acheter une à un éleveur, de manière globale ça a un effet négatif sur la population des poules (il aura de quoi en exploiter autant voire plus probablement). Mais si je mets à la place de cette poule, je me dis qu'elle veut vivre, qu'elle veut la vie que je compte lui offrir. C'est horrible de décider pour eux de leur sacrifice pour leur espèce.
Et nous à côté on nous ridiculise la plupart du temps ou alors on nous félicite parce qu'on a modifié nos REPAS. Nos REPAS quoi.
Désolée, c'était le moment de découragement et de colère du jour
@Amarante : merci pour la citation de ce sujet de philo ! Il est super chouette (et on aurait pu citer Peter Singer et l'utilitarisme, mais je doute que les lycéens actuels étudient ça ). C'est quelle filière qui l'a eu ?
@Amarante : merci pour la citation de ce sujet de philo ! Il est super chouette (et on aurait pu citer Peter Singer et l'utilitarisme, mais je doute que les lycéens actuels étudient ça ). C'est quelle filière qui l'a eu ?
Mais si déjà on arrêtait de financer la production de viande / lait à coups de subventions pour maintenir les prix bas (et la surconsommation, et le gaspillage...), en déportant toutes ces aides sur les produits végétaux (édit : légumes surtout), est-ce qu'on ne ferait pas un immense pas en avant ? Je suis toujours tellement choquée de voir le prix bas d'un produit mortifère comme le lait (industriel), alors qu'acheter des légumes ça peut être cher. J'ai été il y a pas longtemps chez des agriculteurs picards qui autrefois faisaient du lait, ils m'ont raconté comment le gouvernement les avait subventionnés pour qu'ils augmentent la productivité de leurs vaches (tri génétique, etc...) avant de les lâcher en établissant des quotas (au-delà desquels le lait n'est plus payé aux agriculteurs > désastre animal + humain).
On vit sur un système qui subventionne des industries de la mort, histoire de faire des produits carnés basse qualité pas chers qui contribuent à développer les maladies associées à la surconsommation de viande (+ désastre sanitaire) et constitue un facteur parmi d'autres pour l'obésité - obésité qui affecte en premier lieu les pauvres. (+ désastre social)
Si la viande devenait un produit de luxe, et les produits végétaux plus accessibles, est-ce que ça ne permettrait pas au moins de réduire en partie la consommation des premiers ? Oui ce serait prisé, mais au moins on n'en mettrait pas PARTOUT comme actuellement.
@Helouise En fait sur ces questions welfarisme vs abolitionnisme je crois qu'il n'y a pas de bonne réponse en vrai, au niveau individuel on peut essayer de faire le max, et notre levier principal c'est la consommation. Après on parle autour de nous, on explique, etc. On peut filer des sous à des assos, soutenir certaines initiatives, monter les notres, etc... ça semble petit mais ce n'est pas rien du tout en fait
Bon, du coup j'aimerais vraiment savoir comment ça se passe niveau laitier dans les élevages les moins pires, parce que je me rends compte que je n'en sais rien et mes copains omnis ont des certitudes diverses et variées qui ne sortent de nulle part. ( @Hamshi' , est ce que tu pourrais m'éclairer si tu te le sens ( si t'as pas l'énergie c'est pas grave, je ne le prendrai pas mal) ? C'est juste pour connaître les pratiques, pas pour juger les personnes )
@Amarante Merci C'est un débat intéressant...Je serais plutôt abolitionniste alors, mais il me semble que le welfarisme est plus "réaliste", qu'on a plus de chances d'y arriver. En même temps, ça ne m'est encore jamais arrivé, mais si quelqu'un me dit un jour "Oui mais moi je mange de la viande heureuse", je vais mal le prendre, ça me paraît presque pire en fait... (Pardon si j'ai été maladroite dans ma formulation !)
si on euthanasie un animal comme chez le vétérinaire, est ce que ça ne rend pas sa chair non comestible, rapport aux produits? Je me disais que c'était peut être un peu pour ça que ce n'est pas fait en abattoir ( en dehors de l'aspect temps/argent, ou suis je trop naïve ) ?
Si on euthanasie un animal comme en canine, effectivement la consommation de la chair devient impossible. Ah je viens de voir que @Melydo t'avais répondu. (D'ailleurs je ne sais pas s'il reste des résidus si on euthanasie avec le gaz.)
De toute façon, qu'il reste des résidus ou non, cette méthode n'est pas envisageable (voir mon spoiler pour l'explication).
Le souci aussi c'est qu'une grande partie (j'avais lu environ la moitié) de la viande qui se retrouve sur les étals en France provient d'un abattage ritualisé, halal ou casher, par égorgement de l'animal (et sans étourdissement auparavant) car pour augmenter leur productivité et éviter les coûts supplémentaires les abattoirs tuent de plus en plus de cette façon, pour ne pas avoir à mettre en place deux façons de tuer l'animal
En fait j'ai eu "l'immense chance"() d'avoir dû faire un stage en abattoir, et il faisait la méthode "classique" et du halal. Il y a bien les deux façons de tuer qui sont réalisées. En fait ça s'organisait sur 4 jours, le lundi c'était abattage classique, le mardi c'était halal, le jeudi halal et le vendredi classique. Mais effectivement on nous a dit que la plupart des animaux tués le mardi et jeudi repartaient dans le circuit classique. Pour l'abattage halal, celui qui venait le mardi étourdissait juste après la saignée, et celui qui venait le jeudi étourdissait avant la saignée (dans ce cas-là ça change pas vraiment du classique, sauf que l'animal doit quand même entrer dans la cage, et qu'il fait des prières). Et en parlant avec mes camarades de promo qui sont allé-e-s dans des abattoirs qui font du halal, pour pas mal d'entre eux il y a étourdissement juste après la saignée. (Après bien sûr ça change rien au fait que ce soit horrible, mon explication c'est juste pour vous renseigner sur ce que j'ai appris)
L'obligation d'y faire un stage est assez récente. La véto chez qui je suis en stage en ce moment (en canine) n'a jamais fait de stage en abattoir, et elle doit avoir entre 30 et 40 ans.
Sinon, en arrivant à l'école, on nous clairement fait savoir qu'il faut mettre notre côté sensible de côté...
Elle a apporté des modifications conséquentes aux abattoirs, par exemple elle a fait son possible pour que les animaux ne voient pas leurs congénères se faire tuer (ce qui est extrêmement traumatisant pour eux, comme on peut l'imaginer).
@Boisdormant Aujourd'hui en Europe, ceux qui touchent le plus de subventions sont les céréaliers. Car ce sont des aides à l’hectare, c.a.d à la surface exploité. Etant donné que ce sont eux qui ont le plus de surfaces, ce sont aussi eux qui touchent le plus d'aides. C'est l'élevage qui touche le moins d'aides (même si il en touche beaucoup).
@-poule- Pas de problème je veux bien expliquer mais ça risque d'être un gros pavé.
Je vais parler de mon expérience dans les différents élevages dans lesquels j'ai bossé. Donc je vais parler des élevage Bio. Je ferais quelques comparaisons aux élevages conventionnels (pas forcément industriels).
Je vous fais ça après manger. La j'ai pas beaucoup de temps. Mais ça ne me dérange absolument pas.
@Boisdormant La PAC (politique agricole commune) ne fait aucune distinction la dessus. Que ce soit pour l'alimentation Humaine et Animal. Ils donnent des aides à la surface, ils s'en foutent complètement pour qui et pour quoi.
Après, tu as aussi des aides complémentaires à la production. Céréale - Légumes - Elevage. Mais là encore, ils ne font pas de distinctions entre des céréales pour animaux ou pour humains.
La nouvelle PAC vient de sortir, je ne connais pas encore la nouvelle réglementation. Mais ça m'étonnerais que ça ai changé sur ce point.