En atelier aujourd'hui, les enfants doivent faire des tours autour d'un tuyau avec un élastique. Un petit garçon n'y arrive pas et je lui dis : "Tu as déjà fait une queue de cheval ou essayé de te faire des petites couettes ? Il faut faire pareil". Lui : "Non, j'ai les cheveux trop courts". Une maman (pas la sienne !) : "Non, mais c'est un garçon, il ne joue pas à ça. Les garçons jouent aux petites voitures."
Oui, exactement ça, une caricature mais en vrai. J'étais tellement sciée que je n'ai rien répondu mais j'ai ruminé jusqu'à la fin de l'atelier.
Et puis Trump.
Et puis mon agression la semaine dernière (je ne voulais pas lui parler donc il m'a insultée, tapée et crachée dessus, normal.)
Et puis le monde.
MAIS :
Mon plan cul d'amour qui aime jouer avec les frontières (les quoi ?) des genres. Qui vient maquillé. Qui me laisse sortir "mon côté mec" (c'est-à-dire mon côté femme qui s'en fout des codes et clichés). Qui me respecte même si on fait absolument n'importe quoi. Rien ne semble dégradant avec lui.
Voilà, c'est con mais dans ces périodes pourries, de voir qu'il y a des hommes qui sont absolument, profondément convaincus que femmes et hommes sont égaux, voir qu'il y en a quelques uns qui se comportent bien sans avoir à y penser, mais qui soutiennent cette cause et sont là, non pas pour expliquer, gueuler, reprocher mais juste dire : "Tu es forte, je te soutiens, c'est dégueulasse et anormal ce qui se passe", bah ça fait du bien.