@MisteryBleu Pas de soucis
ton explication est claire, mais du coup je rejoindrais plutôt le point de vue de @Lady Stardust : ce ne serait pas une discrimination basée sur la langue, mais basée sur la culture/nationalité à laquelle renvoie cette langue ?
Et puis pour moi ce sont deux choses bien distinctes : la vision des langues extérieures à soi (l'exemple du choix des langues à l'école, ou le choix des langues utilisées au travail...) et la vision des langues "intérieures", qui appartiennent ou ont donné des pans significatifs de patrimoine culturel à une culturel favorisant une autre langue.
Quelque part la discrimination autour des langues extérieurs s'apparente pour moi à une discrimination sociale. Par exemple, quand j'étais à l'école, les "bons" élèves venus des milieux favorisés (CSP+ ou enfants d'enseignants) faisaient allemand LV1 (ou allemand classe européenne, c'est encore mieux). Les élèves qui faisaient anglais LV1 + espagnol LV2 constituaient le gros du reste. Le raisonnement n'était pas de valoriser la culture allemande sur la culture hispanique, mais d'avoir un marqueur pour dire "nous faisons partie d'un certain milieu, nous nous reconnaissons parce que nous maîtrisons l'allemand". Par la suite, au lycée, le marqueur s'est fait sur la LV3. En vision caricaturée : y'avait les doué-es qui prenaient chinois ou japonais, les originaux qui prenaient russe ou arabe et les moins bosseurs qui prenaient italien. Donc là on est dans un schéma plus "classiste" qui varie d'ailleurs au cours du temps (l'émergence du chinois qui a détrôné le russe à mesure que la Chine s'est imposée comme grande puissance au détriment de la Russie).
De la même manière, maîtriser plusieurs langues dénote aussi (très souvent bien sûr ce n'est pas une règle) l'appartenance à une classe sociale favorisée : voyage linguistique et séjour à l'étranger, études plus longues en moyenne...
Et on rejoint aussi la notion de xénophobie propre à la maîtrise d'une langue dans la mesure où la maîtrise d'une langue "originale" (en gros hors français, anglais, allemand, espagnol) sera plus valorisée chez une personne qui n'est pas vue comme liée à cette langue. La maîtrise de l'arabe par exemple, sera moins valorisée chez une personne vue comme issue du monde arabe (parce que possiblement perçue comme un repli identitaire et non une ouverture).
Je vois aussi ton problème concernant les lycéen-nes. Mais disons que si tu es leur surveillante tu es d'emblée dans une posture d'autorité et, peut-être malgré toi, de supériorité face à elleux. Donc de toute façon la relation d'autorité (de toi sur elleux) les remet à leur place de jeune (ielles doivent respecter des règles que tu es chargée de faire respecter) et entérine votre relation asymétrique.
Dans les expressions avec "jeune" : "les jeunes", "jeune fille", "jeune homme", "jeunes gens", je trouve que ce qui est âgiste c'est surtout le ton et la tournure de phrase employée. Quand on parle à une jeune fille en assénant un "jeune fille" à tous les détours de phrase, oui on cherche à imposer sa supériorité par l'âge, mais juste pour interpeller, et si ensuite la conversation se fait différemment (en utilisant son nom), à mes yeux ça passe.
Je me souviens d'une prof qui nous écrivait et nous parlait collectivement en disant "chers élèves" . Je trouvais ça cool à l'époque : le "cher" montrait qu'il y avait une relation chaleureuse entre nous et le mot "élève" est assez neutre = déjà pas de distinction féminin/masculin, pas de référence à l'âge. Y'avait pas non plus de possessif, on n'était pas "ses" chers élèves (je me souvient d'un animateur qui disait tout le temps "mon garçon" aux mecs... ça devait être lourd je pense).
ton explication est claire, mais du coup je rejoindrais plutôt le point de vue de @Lady Stardust : ce ne serait pas une discrimination basée sur la langue, mais basée sur la culture/nationalité à laquelle renvoie cette langue ?Et puis pour moi ce sont deux choses bien distinctes : la vision des langues extérieures à soi (l'exemple du choix des langues à l'école, ou le choix des langues utilisées au travail...) et la vision des langues "intérieures", qui appartiennent ou ont donné des pans significatifs de patrimoine culturel à une culturel favorisant une autre langue.
Quelque part la discrimination autour des langues extérieurs s'apparente pour moi à une discrimination sociale. Par exemple, quand j'étais à l'école, les "bons" élèves venus des milieux favorisés (CSP+ ou enfants d'enseignants) faisaient allemand LV1 (ou allemand classe européenne, c'est encore mieux). Les élèves qui faisaient anglais LV1 + espagnol LV2 constituaient le gros du reste. Le raisonnement n'était pas de valoriser la culture allemande sur la culture hispanique, mais d'avoir un marqueur pour dire "nous faisons partie d'un certain milieu, nous nous reconnaissons parce que nous maîtrisons l'allemand". Par la suite, au lycée, le marqueur s'est fait sur la LV3. En vision caricaturée : y'avait les doué-es qui prenaient chinois ou japonais, les originaux qui prenaient russe ou arabe et les moins bosseurs qui prenaient italien. Donc là on est dans un schéma plus "classiste" qui varie d'ailleurs au cours du temps (l'émergence du chinois qui a détrôné le russe à mesure que la Chine s'est imposée comme grande puissance au détriment de la Russie).
De la même manière, maîtriser plusieurs langues dénote aussi (très souvent bien sûr ce n'est pas une règle) l'appartenance à une classe sociale favorisée : voyage linguistique et séjour à l'étranger, études plus longues en moyenne...
Et on rejoint aussi la notion de xénophobie propre à la maîtrise d'une langue dans la mesure où la maîtrise d'une langue "originale" (en gros hors français, anglais, allemand, espagnol) sera plus valorisée chez une personne qui n'est pas vue comme liée à cette langue. La maîtrise de l'arabe par exemple, sera moins valorisée chez une personne vue comme issue du monde arabe (parce que possiblement perçue comme un repli identitaire et non une ouverture).
Je vois aussi ton problème concernant les lycéen-nes. Mais disons que si tu es leur surveillante tu es d'emblée dans une posture d'autorité et, peut-être malgré toi, de supériorité face à elleux. Donc de toute façon la relation d'autorité (de toi sur elleux) les remet à leur place de jeune (ielles doivent respecter des règles que tu es chargée de faire respecter) et entérine votre relation asymétrique.
Dans les expressions avec "jeune" : "les jeunes", "jeune fille", "jeune homme", "jeunes gens", je trouve que ce qui est âgiste c'est surtout le ton et la tournure de phrase employée. Quand on parle à une jeune fille en assénant un "jeune fille" à tous les détours de phrase, oui on cherche à imposer sa supériorité par l'âge, mais juste pour interpeller, et si ensuite la conversation se fait différemment (en utilisant son nom), à mes yeux ça passe.
Je me souviens d'une prof qui nous écrivait et nous parlait collectivement en disant "chers élèves" . Je trouvais ça cool à l'époque : le "cher" montrait qu'il y avait une relation chaleureuse entre nous et le mot "élève" est assez neutre = déjà pas de distinction féminin/masculin, pas de référence à l'âge. Y'avait pas non plus de possessif, on n'était pas "ses" chers élèves (je me souvient d'un animateur qui disait tout le temps "mon garçon" aux mecs... ça devait être lourd je pense).
je trouve que ça se prête mieux à l'intimité d'une salle de cours
Je sais pas d'où on peut constater que les scientifiques s'accordent pour le dire
On peut en parler plus longuement sur un sujet plus approprié (par exemple
J'en suis revenue (notamment grâce à des interventions de
), mais en réfléchissant, je pense que je mélangeais des notions sur lesquelles joue le langage inclusif (du genre on met toujours les noms de métiers au masculin sauf quand c'est secrétaire ou femme de ménage) et des trucs "grammaticaux" (par exemple, on accorde les adjectifs avec le nom masculin et pas avec une règle de proximité). Du coup, dans le premier cas, on choisit un certain usage de la langue mais on n'en modifie pas ses règles (choisir de dire à l'oral "le ou la secrétaire, le recruteur ou la recruteuse" à la place de "la secrétaire et le recruteur") alors que dans le second on change les règles.
mais je suis contente d'avoir placé le mot "fichtrement" 
