@Maud Kennedy je ne comprends pas non plus ce besoin de filmer, et j'ai l'impression que ça crée une mise à distance qui nuit à l'empathie. Je me rappelle d'un truc que ma mère m'avait raconté: il y a quelques années, elle était en centre ville; un camion s'était paumé et, en manoeuvrant sur une place étroite et passante, il avait percuté un passant qui était passé sous ses roues. Ma mère avait été choquée par l'accident, mais plus encore par le fait que les spectateurs, surtout les plus jeunes, avaient tous dégainés leurs portables, filmaient et envoyaient au fur et à mesure sur les réseaux sociaux; une fille était même montée sur les épaules d'un ami pour mieux voir. Je ne dis pas que ce genre d'attitude est nouveau ( ralentir au niveau d'un accident), mais le fait de filmer réduit ce qu'on voit à un spectacle et mêle fiction et réalité ( on grandit avec l'idée que ce qui est sur les films "n'est pas vrai", que l'acteur.trice se relèvera, que le sang est un mélange de coulis de framboise et de cacao, etc, donc filmer la réalité la fait se confondre avec cette fiction.
