@PetitePaille : sauf que les deux généralités ne sont pas comparables, bien que reflétant toutes deux une caractéristique acquise par le patriarcat : la sensibilité supposée des femmes sert à les rendre impuissantes, une femme étant trop sensible pour, par exemple, occuper une position de pouvoir, l'autre est un moyen d'affirmer du pouvoir, de posséder. Dans un cas, tu renvoies une personne en position de faiblesse sociale à ce qui est supposé faire sa faiblesse, dans l'autre, tu dénonce une méthode de domination exercée par un groupe social (ce qui vaut tout autant pour les viols que pour le harcèlement ou le fait d'ignorer les refus).
De fait dénoncer la phrase n'a pas non plus la même implication :
- "les femmes peuvent être fortes et les hommes sensibles" est une revendication contre l'ordre en place, une volonté de changement, un combat contre un préjugé.
- "Tous les hommes ne font pas ça/ des femmes le font aussi" est une négation de l'existence d'un système de domination masculine, or si on considère que ça n'existe pas, il n'y a rien à combattre.
C'est pas du même tonneau.
J'ajouterai en plus que tu oppose une essentialisation d'être (la sensibilité est un trait de caractère, ça fait partie de la personne, elle est comme ça) à une généralité/propabilité d'actes (violer, harceler, ignorer le refus n'est pas intrinsèque à une personne, c'est un comportement). De fait mettre sur un même plan "avoir ce chromosome fait que tu ES comme ça" et "appartenir à un groupe social dominant t'encourage à agir de telle façon" me semble assez bancal.