Je suis à l'aéroport et parce que je me fais chier, je feuillette des magazines.
Paris Match.
Je tombe sur un article de 3 pages sur le producteur de cinéma Thomas Langmann, qui est pour info accusé de violences et de menaces sur son ex-compagne. L'article entier est puant de male tears et truffé d'excuses sur le comportement de ce sale con (qui n'en est pas à sa première affaire de violence conjugale, pour info). "J'ai craqué parce qu'elle m'a quitté", "je pensais que c'était la femme de ma vie", "je l'aimais, d'ailleurs dans mon portable elle était enregistrée comme "mon épouse" et j'en ressentais beaucoup de fierté" (WTF, quel est le rapport)... Bref, encore une fois, on donne la parole aux agresseurs (le mec n'a aucune honte, il pose pépouze et tout souriant dans sa cuisine) et on fait passer les victimes pour des horribles personnes qui l'ont bien mérité. Bah ouais, apres tout, pourquoi elle l'a quitté ? Quelle idée aussi ! Enfin, l'article se termine sur cette phrase magnifique : Un prince héritier devenu triste comme un roi maudit". Parce que ce connard n'est pas violent, non, il est TRISTE.
Et le pire, c'est que cet article dégoulinant de miel a été écrit par une femme. Bien sûr, ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on est féministe, mais quand même... Comment peut on trahir son "camp" de la sorte ? Comment peut on donner la parole aux agresseurs, aux oppresseurs, en occultant totalement les souffrances de la victime ? Le patriarcat a de beaux jours devant lui.