@Chat-au-Chocolat il y en a et il est essentiel de les prendre en compte parce que celles qui mentent finalement la dessus sont un argument de plus pour les gens qui pensent que la femme ne peut etre violer qu'elle ment
Non. Ce n'est absolument pas
essentiel.
Les études réalisées montrent qu'il y aurait entre 2% et 10% (
article en anglais) de fausses accusations selon les pays, les plus récentes parlent de 2% à 6% (
autre article en anglais, chiffres du Royaume-Uni) en Europe. Ce qui correspond au taux de fausses accusations dans les autres types de crimes : il
n'y a pas plus de fausses accusations d'agression sexuelle ou de viol qu'il n'y a de fausses accusations d'autres crimes. Pourquoi est-ce que les personnes qui dénoncent un viol ou une agression sexuelle sont de façon aussi fréquente suspectées de mentir, alors que quelqu'un qui se fait cambrioler, voler sa voiture ou son portefeuille ne se voit pas lui aussi immédiatement suspecté de mentir ?
Ce pourcentage de fausses accusations comprend aussi les viols ou agressions sexuelles qui ont réellement eu lieu mais sont considérés comme faux parce que la victime n'agit pas de la façon attendue : par exemple parce que la victime était alcoolisée, parce qu'elle mis du temps avant de porter plainte, parce qu'elle a pu oublier des détails, parce qu'elle a l'air "trop bien" (donc qu'elle ne serait pas traumatisée donc n'aurait pas été agressée) ou "trop mal" (donc qu'elle stimulerait), ou même parce que la victime s'est rétractée à cause des réactions qui ont suivi sa plainte (réactions des proches, des policiers). Il ne prend pas en compte les cas où les viols ou agressions sexuelles n'ont pas été dénoncés : dans un tiers des cas lorsque l'agresseur est inconnu, dans plus des trois quarts des cas lorsque l'agresseur est connu par la victime (source : enquête réalisée en Australie, chiffres donnés dans le rapport linké dans le second article). En France, seulement 10% des victimes vont déposer plainte (près de 50% des français·es pensent que ce taux est de 25%), d'après la campagne
STOP Déni menée en 2016.
Leur infographie est d'ailleurs assez percutante :
- Pour 4 français·es sur 10, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude jugée provocante ou a flirté avec lui
- 1/4 considèrent que dans le domaine de la sexualité, les femmes ne savent pas réellement ce qu'elles veulent
- 1/5 considèrent qu'une femme qui dit non à une proposition sexuelle veut en fait dire oui
- 1/5 jugent qu'une femme peut prendre du plaisir à être forcée lors d'une relation sexuelle
- 3/10 considèrent qu'à l'origine d'un viol, il y a souvent un malentendu
- 3/10 considèrent qu'une tenue sexy atténue la responsabilité du violeur
- 1,5/10 considèrent que la victime est en partie responsable si elle s'est rendue chez un inconnu
- 4/10 considèrent que si on se défend réellement autant qu'on peut et qu'on crie, on fait le plus souvent fuir son agresseur
- 1/4 considèrent que si on respecte certaines règles simples de précaution, on est quasiment sûr de ne pas se faire violer
- 1/5 considèrent qu'il n'y a pas viol lorsque la victime cède après avoir été forcée
- 1/5 considèrent que forcer sa conjointe lorsqu'elle refuse n'est pas un viol
En résumé :
les fausses accusations sont largement minoritaires par rapport au nombre réel de viols et agressions sexuelles qui ont lieu.
Les viols et agressions sexuelles sont très rarement dénoncés (1/10 pour les plaintes).
Le taux supposé de fausses accusations est largement supérieur est au taux réel de fausses accusations (voir études linkées dans l'article de Crêpe Georgette).
La responsabilité est très souvent rejetée sur la victime, sur sa tenue, sur son taux d'alcoolémie, sur à quel point elle s'est ou non débattue, le violeur se voit souvent excusé.
Les fausses accusations, ce n'est pas un "argument de plus" pour les gens qui considèrent que les victimes mentent, c'est un argument utilisé
par des gens qui veulent blâmer les victimes en ne prenant pas en compte la réalité.
Mais il faut comprendre que c'est extremement minoritaire et que beaucoup n'osent meme pas aller porter plainte. Notamment parce qu'elle n'ont pas envie de casser leur famille car le viol est souvent commis par quelqu'un de l'entourage.
Pour le reste, je suis d'accord.
Dans 80% des cas, l'agresseur est connu de la victime, dans 1/3 des cas c'est le conjoint ou ex-conjoint.